( 26 juillet, 2020 )

Voyage en terres inconnues au royaume du parcours de chasse. Partie 3: le BTC Le Rabot

 

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Au cours de ma déjà longue vie, j’ai eu l’occasion et la chance de découvrir et de visiter de nombreux endroits du monde qu’on ne peut voir, normalement, qu’à la télévision. Pour ceux que cela pourrait tenter, je vais choisir un certain nombre d’entre eux et les ajouter en fin de ce message. Ils font partie de l’histoire d’un pays, de ses sites incontournables qui attirent les touristes comme la confiture attire les guêpes, ils ont plus ou moins souffert des ravages du temps; ils ont parfois été les victimes d’un climat en colère, de la guerre ou de fous furieux, religieux ou pas, ne laissant, après leur passage,  que des larmes et des plaques de marbre comportant des centaines de noms gravés, en leur mémoire. 

Pour moi, la Mecque du parcours de chasse, c’est le BTC Le Rabot

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La situation géographique en plein cœur de cette si belle, si riche, si giboyeuse et si sauvegardée région française qu’est la Sologne, le sentiment de calme et de zénitude que l’on ressent au milieu des bois de ce site dédié aux chasseurs et tireurs de plateaux (ce sont souvent les mêmes) , l’accueil tout en délicatesse dans le décor raffiné du Club House, font que ce stand fait partie de mes deux préférés, le BTC Chatelaillon (pour des raisons sportives et sentimentales) et donc le BTC Le Rabot (pareil) ! Et bizarrement, ces deux bijoux, même s’ils ne sont pas les seuls dans ce cas, ont souffert du même mal, un con…d qui veut se faire du fric en leur intentant des procès au long cours : « Je veux le voir fermer ce maudit stand de tir, c’est le but de ma vie » ! se vantent-ils auprès de leurs « amis », ni chasseurs ni tireurs évidemment, on ne mélange pas les abrutis et les passionnés d’un sport qui fait connaître et vivre une région toute entière, et qu’un pauvre mec veut tuer. On arrête bien des chantiers de plusieurs milliards à cause de la présence d’un papillon d’une espèce rare (qui saurait certainement faire quelques kilomètres pour ne pas être dérangé par le bruit des engins…..), alors n’importe quel peigne-c…, peut bien réduire à néant toute une économie locale. Je sais pas pour vous, mais moi, ça me fout … les abeilles !

« Ce serait le parcours de chasse du passé, on ne tire plus comme ça maintenant », selon les nouveaux tireurs, ceux du XXIe siècle qui n’ont pas connu cette époque où l’on tirait des plateaux dont les trajectoires ressemblaient vraiment au vol ou à la course folle d’oiseaux et de gibier réel. Mon ami Michel Riboulet (vous voyez qui c’est ? Un petit jeune qui monte…) me disait il y a quelques jours, juste avant de partir, que le PC n’en aurait bientôt plus que le nom et devenait petit à petit, insidieusement, de la « géométrie dans l’espace » .  Les stars actuelles du PC et du CS sont devenus tellement infaillibles et professionnels que les scores rejoignent ceux de la FU, de la FO et du SO où chaque bulle fait reculer de 20 places supplémentaires. Je trouve cela un peu, (très) dommage, j’ai bien peur que seuls les grands champions s’amusent…. pendant que les petits… cotisent ! Même les dotations lors des compétitions que je redécouvre depuis ma reprise après plus de 20 ans d’arrêt ne semblent parfois destinées qu’à attirer les tout meilleurs qui ne daignent se déplacer que pour le fusil promis au premier. Quant aux autres ils pourront raconter qu’ils ont participé à une « magnifique compétition », qu’ils ont tiré et vu (pendant longtemps, jusqu’à ce qu’ils se posent….) des plateaux « extraordinaires », et que même s’ils ont cassé la moitié des plateaux proposés (il arrive que la moitié des engagés cassent à peine la moitié des 200 plateaux, quel « bonheur » de participer, comme disait le guignol de baron de Coubertin qui a appris aux sportifs français la « culture de la défaite »…)

Les tracés modernes contre les anciens, c’est un choix, mais c’est que du bonheur de ne pas choisir. 

La différence est ténue entre les deux styles de tir au PC, et elle se joue surtout au niveau de trajectoires totalement surprenantes de rabbits, volant ou courant sur l’eau, de plateaux paraboliques pour lesquelles il faut tirer devant en swinguant latéralement et verticalement, à une distance presque ridicule parfois. Il faut comprendre la trajectoire qui ressemble au vol d’une palombe déjà blessée, qui apporte un ver à ses petits,  qui souffre d’une maladie incurable, qui a perdu le sens de l’orientation et la mémoire, qui ne sait plus si elle vole ou si elle court ou saute de branche en branche. Vous l’avez certainement compris, ça peut rendre fou n’importe qui, le parcours de chasse, si on n’est pas bon en géométrie, si on est moyen, si la vue a baissé, si le corps est un peu raide et si la pression est trop grande. Heureusement, quand le score est ridicule, c’est plutôt la pression prise au bar qui va s’avérer utile…

Et le tir et le stand, alors ?

Il est des personnages incontournables et que nous avons la sensation de tous connaître , c’est le cas de la fameuse Lolita Poirier !

C’est elle qui nous a accueillis, Hélène et moi ce jeudi 24, pour la dernière étape de notre ball-trap-trip après le Sologne Shooting Club et le Chêne Rond Shooting Club. Je n’ai pour seul regret que le fait de ne pas avoir pu rencontrer la star des shooting, Charles Bardou au palmarès long comme un jour sans ball-trap, connu de tous les tireurs, même de ceux de mon club le CTD Cercle de Tir Dyonisien (Saint-Denis-de-Pile en Gironde). J’ai eu malgré tout l’honneur et le bonheur de tirer avec Alain Gendreau 

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qui n’a jamais cherché à m’en mettre plein le vue, s’est montré tout à fait délicieux avec ma sœur et moi, lui que nous ne connaissions pas la veille. Lolita, c’est quelqu’un, et non contente de porter le même nom que ma maman, (Colette Poirier), elle semble graviter dans le milieu du tir comme une maman cane au milieu de ses petits, je l’ai immédiatement adorée (étonnant, non, pour le vieux mâle solitaire que je suis devenu ?) Nous avons dû lui plaire aussi puisqu’elle a appliqué le tarif « passion ball-trap » pour les plateaux tirés. Maligne, la Lolita, on attire pas les mouches avec du vinaigre et elle veut que je revienne à Vouzon (quoi, j’ai pas le droit de croire au Père Noël ?)

En voiture électrique, avec Mathieu, dans mon Paradis à moi que j’ai ! (comme dit Canteloup avec la voix de Sarko)

Chouette, je n’allais pas tirer tout seul, et ça change tout ! Passée l’émotion de retrouver ce petit chemin entre les arbres, de longer l’immense étang dont je garde de merveilleux souvenirs et de belles séances de fou-rire, nous nous sommes arrêtés à chaque parcours afin de tirer sur un ou deux postes, des plateaux à trajectoires « humaines », à des distances normales quoique parfois « plus qu’honorables » (prends garde à la tour !). On a tiré sur l’eau, dans les bois, en plaine, sur les parcours de la bécassine, de la bécasse, du chêne, du genêt, de la perdrix, normal, difficile ou très difficile (sur le plan, on peut choisir) , on s’en moquait, ou allait partout, quel pied ! Hélène n’en revenait pas de cette sensation d’être dans un autre monde, celui des arbres et du silence, sauf au moment des tirs étouffés par la forêt si dense. On ne peut plus tirer, hélas, sur les mythiques parcours des étangs et de la sarcelle, il semble que ce soit la résonance des tirs au dessus de l’eau qui empêche le voisin irascible de faire la sieste, p…. fait ch… ! 

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Je tire quelques leçons de cette virée en terres presque oubliées sur le sentier du ball-trap (pas de la gloire, malheureusement): d’abord, j’adore le parcours de chasse, le pense même que cette discipline peut faire progresser au CS  car le fait de partir désépaulé au PC apprend à ne pas se précipiter (on a le temps même au CS de s’appliquer). Je vois aussi qu’épauler avant la sortie de plateau n’a pas que des avantages, car on bondit comme un fauve, ce qui est le cas le plus fréquent (ce que je n’aime pas, c’est comme si on mettait un poisson à l’hameçon avant de le sortir de l’eau) , et on ne sait pas « couler » et suivre un plateau avant de le rattraper et le dépasser, ce qui est pour moi le secret du tir. Mais je peux me tromper, il y a autant d’avis que de tireurs ! Je n’irai plus jamais tirer seul à l’entraînement, ça ne vaut rien, seuls les grands qui ne veulent pas perdre la main mettent le système en automatique et ont besoin de tirer la série de 25 plateaux en suivant en 5 minutes ou moins si affinités et spectateurs….énamourés. L’idéal est de partir à 3, un à la zapette, un au fusil et un qui corrige, s’il le peut, les erreurs commises, ce qui n’a rien d’évident, alors que chacun est sûr d’un jugement souvent erroné, malgré la bonne volonté. Alors,  Philippe, Jonathan, Pascal (quand tu seras devenu grand et que tu ne laisseras pas tout tomber après une compétition plus que « moyenne » pour pêcher et relâcher des vieilles carpes…..), Yannick, Maurice, Manu, si vous m’aimez un peu et si vous voulez prendre un macaron Club France en 2021, suivez-moi, on va leur faire voir que nous ne sommes pas morts, ni pourris, dans notre campagne, si loin de cette merveilleuse région du 45 et du 41.

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Mais surtout, n’allez jamais tirer dans ce coin sans passer par le Rabot, ce serait un crime de se passer d’une petite visite dans ce club house entièrement refait et redécoré avec un charme « so british », où Lolita vous servira le plus doux et le meilleur café de la région ! Vous pouvez me croire, je m’y connais… en café , hi, hi !

Comme promis il y a deux heures, voici les photos de mes grands souvenirs de voyage , hors ball-trap !

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( 25 juillet, 2020 )

Voyage en terres inconnues au royaume du parcours de chasse. Partie 2: Chêne Rond Shooting Club

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Ce samedi matin, ainsi que l’annonce le deuxième quotidien français « Sud-Ouest », un des fers de lance de la PQR pour lequel j’ai tenu le poste de correspondant local de Saint-Denis-de-Pile de 2005 à 2017 (ce qui m’a peut-être sauvé la vie sur le plan mental et relationnel) , c’est ma fête. Je devrais dire un de mes jours de fête car il y en a plusieurs, mais ce 25 juillet voici ce que l’on peut lire: 

« LE SAINT DU JOUR: Jacques le Majeur. Décédé vers 44, il fut le premier apôtre à subir le martyre. Au IXe siècle, les Espagnols assurèrent que son corps était enterré à Compostelle, devenu pour cette raison lieu de pèlerinage. » ©SO

Mercredi 23, 10 heures, à Coullons sur le stand du  » Chêne Rond Shooting Club « .

Pour moi, c’est ici que le « martyre » a commencé ! Les 500 km de la veille, la longue séance de tir avec une star du coin Alain Gendreau au Sologne Shooting Club de Chaumont sur Tharonne au lieu-dit Courgenou (et non Mou du g’nou...) avaient certainement commencé à user le quasi-vieillard que je suis hélas devenu. Pour la première fois depuis ma reprise du ball-trap, je me retrouvai seul tireur, heureusement avec le soutien permanent de ma frangine Hélène (qui a bien pris goût à ma passion qu’elle ignorait totalement à ce jour), avec pour seul outil la fameuse Zapette. C’est génial en permettant une autonomie totale et surtout pour les clubs de grosses économies de pulleurs qui étaient indispensables… au siècle dernier. 

Or, la solitude n’a pas que des avantages, cela se saurait… Afin qu’Hélène puisse également prendre des photos tout en envoyant les plateaux (ce qui nécessitait beaucoup trop d’attention et de manipulation) j’avais réglé le timer (retardateur) sur 5 secondes, ce qui hélas, me laissait presque le temps d’aller pisser avant qu’un plateau venu de nulle part (trajectoire inconnue) ne vienne me montrer son ventre ou son dos, et parfois, sa tranche. Il n’a pas fallu longtemps pour que je craque et que je décide de remettre les commandes en direct.

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Je ne fus guère enthousiaste à l’issue de cette matinée de tir, ce qui n’a rien à voir avec le charmant accueil d’Elisa qui s’occupa de nous comme d’une maman de ses petits. Une bonne odeur émanant de la cuisine confirma que le compétition du samedi (dans quelques heures donc) se préparait, et plus de 120 tireurs étaient attendus. Non, je ne suis pas totalement fou et même si ça m’a chatouillé la détente, je ne m’inscrivais pas, je ne pouvais pas obliger Hélène à rester 2 jours de plus sans aller voir son grand garçon David et son petit-fils Alexandre….. Je ne suis pas un monstre d’égoïsme, ce qui m’arrangeait bien sur le coup. Je dois quand-même préciser que de nombreux pièges attendent le tireur et il me tarde de connaître les scores de certains « collègues » qui ont tiré il y a une semaine aux 100 CS de Saint-Pierre-du-Palais, dont j’ai pu lire le nom sur la liste d’engagés présenté par l’efficace Elisa. The nervous breakdown guette le tireur à tout moment, ainsi que les marques de dents sur la belle crosse en ronce de noyer, ou en fer. 

CHÊNE ROND SHOOTING CLUB

Route de Bourges – RD 940
45720 COULLONS
Renseignements auprès de :  ELISA  02.38.29.20.75

contact@chene-rond-shooting-club.com

Si j’ai bien retenu tout ce qu’Elisa nous a expliqué, le Chêne Rond est le seul des cinq stands du Shooting Club qui n’a pas été créé de toutes pièces mais qui a été racheté par les visionnaires du groupe Tranchant. Ce stand existerait depuis plus de 30, 35 ans, mais je n’y avais jamais tiré à l’époque où les compétitions étaient surtout concentrées sur des endroits de rêve, déjà. Ils sont nombreux à avoir disparu, victimes le plus souvent de voisins ayant le bras assez long pour les obliger à une fermeture administrative, leur sieste dominicale se voyant perturbée par le bruit des coups de fusil. J’ai entendu parler d’un casse-c…… » de cette espèce qui n’était pourtant jamais dans sa propriété toute proche les week-ends et pas souvent dans la semaine. C’est sûr, la bronzette en solitaire ou en groupe, ou le golf entre gens de la Haute sont plus « confortables » et moins bruyants que le ball-trap….. mais bien plus chiants ! Adieu, La Roche Couloir, Bois d’Arcy, Bergerac, Villeneuve-sur-Lot, Cassis, Thiers, entre autres,  autant d’endroits mythiques où j’ai vécu tant de merveilleux moments de sport et d’amitié, il y a… tellement longtemps, au siècle dernier . Un stand fait l’objet depuis des lustres d’un « empêcheur de tirer en rond » de cette espèce, et constituera le dernier élément de mon Ball-trap trip personnel, le fameux BTC Le Rabot, ma cerise sur le gâteau, ma madeleine de Proust, « The stand de PC » selon moi .

A suivre, donc !

( 24 juillet, 2020 )

Voyage en terres inconnues au royaume du parcours de chasse. Partie 1

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En ces beaux jours de juillet 2020, désirant changer l’air de mes vieux poumons après une longue et angoissante période de confinement (pas encore terminée)  j’ai proposé à ma sœur Hélène de m’accompagner dans une balade au pays de la chasse et surtout du parcours de chasse, dans une région boisée et propice à la pratique du ball-trap. Après en avoir beaucoup discuté avec mes copains Philippe Dupin, Pascal Ivres et Yannick Vironneau, des fondus du tir aux plateaux qui ont profité de ma longue cessation d’activité pour ne plus me laisser aucune chance sur une série de 25 et encore moins sur une compète en 100 plateaux, je me décidai à tenter « the big adventure » sur des sites mythiques. Quand je pense que je leur ai tout appris au siècle dernier ! Non, j’déconne, mais j’ai bien le droit de me faire plaisir, non, après tout c’est moi qui m’y colle, à la rédaction de cet article (…) mais ce qui est certain, c’est que j’ai tout fait pour les encourager, les aider comme je pouvais, et les bousculer pour les faire sortir du bois où ils se terraient, à l’abri des regards et de la concurrence d’autres tireurs. Vous croyez qu’ils me donneraient quelques plateaux d’avance maintenant, tiens fume, c’est du Belge ! Que le monde est cruel !

Ayant repris le fusil et les cartouches il y a un peu plus d’un mois dans la discipline du Compak Sporting, la seule que je n’avais jamais pratiquée en compétition avant de devoir me séparer, la mort dans l’âme, de mes gilets de tir, et de tous mes accessoires ; j’avais bradé mon dernier fusil auquel je tenais tant pour mettre un peu d’épinards dans la margarine, un Perazzi SC3 dont je rappellerai l’histoire un peu plus loin dans cet article si j’y repense . Sans chercher à faire pleurer dans les chaumières, ces vingt dernières années, sans ball-trap, (mais pas que…) et au cours desquelles ma vie d’homme s’est avérée particulièrement pénible à presque tous les points de vue, ont été difficiles à traverser sans dégâts financiers, psychologiques et physiques, et ceci est un euphémisme.

Allez, t’occupe pas des signaux, mets du charbon, frangin !

Nous voici donc transportés dans un autre monde et quoi de mieux pour (re) découvrir le parcours de chasse que de se rendre dans un des clubs nés et devenus incontournables pendant ma longue absence (dont tout le monde se fout avec raison) les plus que fameux Shooting Club du 41 et du 45.

Mercredi 22 juillet.

J’ai dû être un peu fou pour oser me pointer, la gueule enfarinée au Sologne Shooting Club de Chaumont sur Tharonne au lieu-dit Courgenou (41600, merci à mon GPS) ;  j’ai passé deux mois à Pattaya en Thaïlande entre décembre et février au guidon d’un  scooter 125cm3 Suzuki, alors il ne pouvait rien m’arriver lorsque Pascale, l’adorable hôtesse du lieu me tendit la zapette pour partir découvrir le ball-trap 3/0. Oui, tout a changé, tout a évolué, il me faudrait une semaine pour découvrir tous les parcours et tous les appareils cachés plus ou moins bien dans une forêt aussi dense. 

J’ai un peu triché, car je n’étais pas vraiment seul ! A la suite d’un article publié sur ma page Facebook où je racontais mes sensations après le concours en 100 plateaux de Compak Sporting de Saint-Pierre-du-Palais, durant lequel, comme je l’ai déjà écrit, j’ai fait mon âge, j’ai reçu une réponse tout à fait surprenante et inattendue. Ce message d’un « inconnu » qui s’est avéré très connu dans le milieu des fusils Perazzi et encore plus dans la famille des meilleurs tireurs français, m’a particulièrement ému, et ce pour plusieurs raisons : d’abord parce qu’Alain Gendreau, puisque c’est de lui qu’il s’agit, avait certainement d’autres choses plus importantes à faire qu’à passer un long moment devant son ordinateur à envoyer un message à un tireur du siècle dernier dont les « faits de gloire » tiennent sur un timbre-poste, et encore… Ensuite parce que le contenu de son message colle tellement à ma pomme, que comme lui a dit ma sœur : «  On dirait que vous le connaissez depuis des lustres tellement vous l’avez cerné ! » Alain expliquait alors que nous partagions les mêmes amis, cités plus haut, et que ceux-ci avaient pu lui décrire mon personnage, et comme nous sommes de vrais amis, il n’y avait pas de place pour les vacheries ou les mensonges (que du bonheur, merci les gars). Enfin (ou presque) parce qu’en une conversation téléphonique, nous avions décidé de nous retrouver au Sologne Shooting Club, où il attendait une livraison de ses petits merveilles destinées à de nouveaux clients séduits par la qualité des Perrazi. Il tenait en premier lieu à me demander si une « légende » qui courait à mon sujet était bien réelle ou fantasmée : « Est-ce que c’est vrai cette histoire de pari dont un Perazzi SC3 fut l’enjeu ? Cette histoire était narrée par les anciens au coin du feu à la veillée, (ndlr.là, c’est moi qui me la raconte) et on peut y entendre tellement de conneries qu’on peut douter de tout, alors dis-moi la vérité, Jacques (oui, nous nous sommes très vite tutoyés, parlant le même langage) . Alors j’ai avoué, sans besoin de torture, comment j’avais fait un pari fou avec Gilbert Albrand, ami et représentant Perrazi à cette époque. Celui-ci m’avait mis un défi en mains lors d’un entraînement à Saint-Pierre ; « Si tu rentres au Club France, cette année 1992, dans les deux disciplines, parcours de chasse et fosse universelle, je te fais faire un Perazzi SC3 sur mesure, avec les gravures et les bois de ton choix, directement à l’usine, au prix d’un MX8  normal! » Il savait , bien sûr que je n’y arriverais jamais, et il aurait pu avoir raison, sauf que cette année 92,celle de mes 40 ans (je suis né le 1er janvier 1952) , j’avais le fusil enchanté, certainement grâce à un stage de PNL, programmation neuro-linguistique qui avait fait surgir des choses profondément enfouies en moi, me libérant de pensées destructrices et néfastes que chacun d’entre nous peut craindre et qui nous bouffe la vie et les ambitions. Et puis, cette année 1992 me servirait,  plus tard, à supporter les années horribles que j’allais devoir traverser… 

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Après avoir pris la 5e place à la première sélection de PC à Bergerac (en tête le premier soir, les « copains parisiens » me conseillèrent de mettre un pantalon marron le dimanche, je ne me suis pas « ébouillé » , perdant seulement 4 places, ça m’allait très bien. 8 ou 15 jours plus tard je ne sais plus, je terminai à la première place de la sélection FU de Gonesse chez mon pote Michel Logghe, ex-aequo avec André Petit Roche (192/200). On ne se lâchait pas, tous les deux, nous avions fait le même score à Lonato au Championnat du Monde où j’étais allé à mes frais, victime d’un tour de passe-passe (déjà) après une pré-sélection à Lezoux. Les 200 plateaux de Gonesse avaient été clairement annoncés comme ouvrant la porte au championnat d’Europe FU de Villamoura, et cette fois-ci, les « chefs » furent obligés de me payer le voyage, l’un de mes deux déplacements à l’étranger « aux frais de la princesse », j’avais suffisamment « cotisé » pour y avoir droit, non ? Bon, sur place, les accompagnateurs, aussi peinés qu’hypocrites, m’éjectèrent de l’équipe nationale au profit d’une « Valeur sûre » JB Allard, doutant de mon efficacité à la FU et/ou au PC. Triste et fou de rage de ce second coup de couteau la même année, j’attaquais par un 25/25, avant de disparaître dans l’anonymat général (ou presque) français . Qui sait ce que j’aurais fait si on m’avait soutenu, comme les autres, sportivement et médicalement (il faisait très chaud…)  et fait confiance ? Quoi qu’il en soit, l’EDF n’est pas montée sur le podium, bien loin des meilleurs italiens, entre autres….. 

Mais revenons-en à nos moutons, en l’occurrence à Alain qui me fit à la fois la surprise et l’honneur de m’inviter à venir tirer avec lui sur les parcours qu’il connaît comme le fond de ses mallettes à fusil Perazzi (je n’ai pas osé lui en piquer une, pleine bien sûr, de peur de perdre immédiatement le « bénéfice » et le plaisir de notre amitié naissante ). Et j’ai pris un sacré pied à suivre son bras gauche en or transformer les plateaux en fumée noire, si seulement un peu de son talent pouvait changer de crèmerie et venir chez moi ! Il faut partager dans la vie, quand on a trop de qualités, à quoi bon tout garder pour soi ? C’est pas le temps qu’il faut pour tirer 150 plateaux, dont certains absolument immangeables , tellement difficiles que j’ai failli, à plusieurs reprises, demander de passer au plateau suivant de peur de rester 3 mètres derrière avec mes 68 hivers. Il tire sacrément bien, la vache, il le sait et ne se cache pas derrière son petit doigt en faisant sa chochotte, comme si c’était miraculeux, non, il est bon, c’est tout, c’est pas de sa faute s’il est doué…. De toute façon il ne s’en excusera jamais, le bougre ! Les champions ont une part d’eux différente du commun des mortels, enfin, des tireurs, ils ne doutent pas , leur ambition est toujours d’aller chercher quelque chose où on ne les attend pas. C’est le cas d’Alain qui m’a avoué son envie secrète pour les prochaines années, un sacré défi, que je ne révélerai à personne, trop fier qu’il me fasse suffisamment confiance pour garder ce secret.

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Quant au stand de Sologne Shooting Club, que dire, si ce n’est qu’il s ’agit pour nous de  l’incroyable découverte d’un magnifique stand de tir, dont je ne découvris pourtant qu’une toute petite partie, malgré le confort et la fatigue superflue évitée par l’emploi de la voiturette électrique, comme j’en ai vu des centaines sur les parcours de golf thaïlandais, à Pattaya. Elles sont pilotées par de ravissantes petites cadettes thaï qui sont toutes sur le même moule aussi souriantes que jolies ;

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 ici,  le pilote , pendant la séance de tir n’a pas dégagé sur moi le même charme, Alain Gendreau se montrant beaucoup moins gracieux et son côté féminin se révélant bien moins évident.

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Je ne sais pas si ma frangine fut sensible à sa présence, mais c’est bien possible, les femmes, vous savez, elles gardent tout bien secret. C’est la jolie et efficace Pascale qui nous reçut fort gentiment dans son stand, ce qui devait en remettre une nouvelle couche sur notre sensation d’accueil familial plus que commercial, même s’il faut bien bouffer, comme on dit. De toute façon, dans ce type de stands d’une telle qualité qui offre tant de possibilités, comme c’est le cas chez nous, à Sore (tiens, là aussi, c’est une adorable hôtesse, Myriam, qui nous reçoit, ce doit être un hasard), il est normal de payer les plateaux  un peu plus cher, les investissements réalisés le justifiant pleinement. Bien sûr, on peut s’en passer de venir jusqu’ici, mais pourquoi et comment un fou de ball-trap pourrait-il se priver de ce pur bonheur ? 

Pendant notre assez longue période de tir en « tête à tête », Alain n’a jamais fait la moindre réflexion sur mon fusil (Beretta, certainement la solidarité italienne), ni n’a essayé de me convaincre de passer « chez l’ennemi » (son Perazzi). Il sait bien que j’ai tiré pendant mes petites années de mini champion (du village, et encore) avec plusieurs Perazzis, avec quelle douleur j’ai dû m’en séparer, le mec a du tact. Non, nous étions juste deux copains, tirant des plateaux de toute beauté et de toutes difficultés possibles…. ou même franchement….débiles pour le (re) débutant que je suis. Ma sœur immortalisait ce grand moment, découvrant le PC et le ball-trap, avec son frère adoré et un guide tout à fait efficace et charmant. Que du bonheur, quoi ! 

Voila, ça sera tout pour ce vendredi, je vais certainement me réveiller à nouveau de très bonne heure demain matin, et alors, j’attaquerai la partie 2 de mon article. Dac ?

( 20 juillet, 2020 )

Petit retour au siècle dernier avec « Les nouvelles du tir », certains champions sont toujours là

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Mon pote Yannick Vironneau conserve ses vieux numéros des « Nouvelles du tir » comme de vraies « reliques » in-jetables! Aussi, quand hier dimanche il m’en a confié quelques éditions, les numéros 52,53,54,55, 58 et 65 des années 1985 et 1986, j’ai pu relire avec nostalgie quelques uns des articles que j’avais écrits à l’époque. J’étais loin d’imaginer les années galères que j’allais connaître 10 ans plus tard, et que je deviendrais, un jour et pendant douze années, de 2005 à 2017, correspondant de la presse locale au journal Sud-Ouest , avec près de 7000 articles sur les événements de ma commune-ville !). C’est certainement dans ces articles écrits pour Louis de Riquez et son bulletin du ball-trap que m’est venu le goût de raconter et de parler des autres, mes copains, au cœur-même des compétitions de ball-trap, presque en direct, en somme. Je sais que plusieurs tireurs attendaient le nouveau numéro avec impatience, comme le grand champion Philippe Vialfont qui m’avoua un jour, se marrer en lisant ma prose… aux chiottes ! Françoise râlait qu’il y reste si longtemps à chaque fois….

J’adorais raconter de petites anecdotes, de ces moments rares vécus en cours de compète, de « secrets » que je pouvais partager , de pouvoir mettre mes copains de Saint-Pierre-du-Palais en lumière, ils le valaient bien après tout ce sont mes amis ! J’ai donc pu numériser ces articles « piqués à la Revue du Ball-trap, les Nouvelles du tir, j’ai demandé l’autorisation à Jacques Ferchaud, leur auteur, qui me l’a gentiment accordée. Il manquerait plus qu’il refuse, le mec !

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Le prochain article parlera de mes premières amours, le parcours de chasse, en priant qu’il ne disparaisse jamais !

( 12 juillet, 2020 )

Un 25/25 ne se fait pas en un jour au Compak Sporting surtout si le cerveau s’embrouille

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Stéphane Tillard est dans son jardin et il casse, le bougre

Il est loin le temps des gamelles ! J’ai souffert en silence, ce samedi, dans « mon jardin » pourtant, de Saint-Pierre-du-Palais, lors d’une séance de tir au CS Compak Sporting entouré de tireurs chevronnés qui n’ont jamais arrêté pendant mes 15 années d’absence, ou d’abstinence forcée. Le fossé  s’est creusé entre eux et moi, ça fait mal, mais il faut savoir ce que l’on veut et faire ce qu’il faut, ou devrais-je dire, ce que je pourrai, afin de tenter de les rattraper. Ma seule chance c’est qu’il n’ont rien à se prouver et qu’ils n’éprouvent pas l’envie ou le besoin de progresser, ils sont « dedans » ils s’amusent, alors pourquoi faire un stage payant de tir avec un Philippe Marty ?  Je l’ai suivi, ce stage, et je vois bien que mes « copains » rigolent en se disant ;« il aurait mieux fait d’acheter de la moutarde au lieu de gaspiller son argent pour rêver de gloire et de son passé perdu de bon tireur. » Même s’ils ont raison, pour le moment (pour toujours ?) je ne regrette rien, bien au contraire. Mon prof qui n’est pas né du dernier bourdon m’avait prévenu que j’allais mettre du temps à perdre les mauvaises habitudes et surtout à les remplacer par une nouvelle approche physique, technique et mentale de ce satané CS. Philippe n’avait pas aimé que je compare le CS au fast-food du parcours de chasse (lire article précédent), car c’est sacrément difficile de tout assimiler à la fois, mais il faut bien reconnaître que quand on n’est pas « dedans » c’est carrément indigeste comme menu… surtout si on sent qu’on a perdu …. sa jeunesse.

Est-ce que mon cerveau de vieux va pouvoir suivre et enregistrer toutes les données, nouvelles pour moi ? Il faut bien admettre qu’il est difficile d’être et d’avoir été, surtout si l’on n’a jamais… été ! Le fait de n’avoir aucun vécu dans cette discipline du Compak Sportif , dans lequel je n’ai jamais tiré en compétition, ajoute un impact énorme sur mes difficultés à tout gérer, une envie de bien faire, une technique et une approche de la préparation au tir et surtout peut-être la mémorisation des plateaux A, B, C, D, E, F, G, H, etc. qui n’ont plus pour nom qu’une seule lettre. On est bien loin des annonces d’antan, la tour, le pull, le mark, le bourdon, le doublé battues, le rabbit, « maintenant faut aller vite, démerdez-vous pour tout retenir, tant pis si votre cerveau se mélange les neurones, c’est votre problème et magnez-vous, les autres attendent leur tour ». 

Pour moi et certainement pour d’autres, c’est là que les emmerdements commencent, enfin… continuent !  Ne plus « sauter » sur les plateaux comme les paras de la Légion étrangère sur Kolwezi en 1978, rester zen et relâché, épauler un peu plus haut, faire partir les deux bras dans un seul mouvement, penser à positionner les pieds dans le bon axe de tir, monter la crosse à la joue sans baisser la tête, ne pas serrer la main gauche comme un golfeur, ne pas partir devant le plateau, le laisser passer puis le rattraper sans geste inutile et « créateur de bulles à répétition« , non mais, vous croyez qu’on s’amuse, que je m’amuse, moi et mon cerveau fatigué de quasi-vieillard ? Tout ce que je viens d’énoncer fait partie de la technique de base indispensable selon moi, à la réussite et au plaisir, mais la majorité des tireurs ne se sont jamais posé les vraies questions, n’ont jamais cherché à comprendre le tir, le B, A, BA de ce sport. Ils tirent, point !

Ah il est certain qu’ils n’ont pas souvent mal à la tête d’avoir trop réfléchi, j’ai toujours pensé que dans un certain nombre de sports « il faut être con pour réussir ». Ce terme ne veut pas dire débile, idiot ou analphabète mais qu’il serait plus facile de tirer la tête vide, à l’instinct, plutôt que de se triturer le cerveau. Le chasseur réussit plus souvent son tir quand il est surpris, tirant au « coup d’épaule » comme on dit.

La « Technique de base » est ce qui reste caché au fond de soi quand on a tout oublié,  qu’on n’est pas en forme ou qu’on se retrouve en barrage pour la gagne après avoir fait, discrètement, le pipi de la peur. Elle doit devenir une seconde nature, l’acquis devenant l’inné, comme lorsque l’on monte sur un vélo ou qu’on met un pied devant l’autre pour avancer, sans avoir à mesurer son pas. Cependant l’habitude ne fait pas le bon tireur et ceux qui tournent entre 23 et 25/25 dans leur jardin paniquent souvent « à l’extérieur », (s’ils ont le courage de s’y risquer), et c’est logique, car à ce moment-là, il leur faut réfléchir et s’organiser à l’instant T. C’est comme dormir dans un autre lit, on n’est pas si bien ! C’est ballot, alors bougez, les copains !

Hélas, comme si ça ne suffisait pas, il faut maintenant mémoriser ces p…. de trajectoires  A ce moment-là, il faut oublier tous les trucs à mettre en place, (cités plus haut), et ne plus se concentrer que sur une chose, mémoriser les plateaux qu’on va devoir casser (…).  C’est là que j’ai pu mettre le doigt sur la difficulté à réfléchir et à enregistrer mentalement les trajectoires, afin de ne pas attaquer le D (un rabbit…), le canon dans la trajectoire du F (une tour mini), sous peine de ridicule, qui ne tue pas, heureusement, mais de bulles rageantes. Je sais de quoi je parle, je n’ai fait que ça hier, mais après tout, peut-être suis-je totalement débile ! Il faudra vérifier dans les semaines à venir mais je suis certain d’un chose c’est qu’aussi longtemps que tout ce que je dois mettre en place ne se fera pas sans réfléchir, même si j’ai déjà une assez bonne position des pieds et du corps (il y a encore du boulot pour le reste), c’est mieux que rien quand on voit les positions adoptées par ceux qui mettent des fortunes dans un nouveau fusil ou une crosse réglable avant de savoir correctement tenir leur fusil (ils sont nombreux) qui ne comprennent pas pourquoi ils tournent à 15 ou 16/25 malgré leur dernier chèque à trois ou quatre zéros.

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Nous avons là l’exemple « parfait » de ce qu’il ne faut pas faire; ce gentil vétéran, malgré l’achat d’un superbe fusil et d’une crosse orthopédique à la précision quasiment chirurgicale et très en vogue en ce moment, ne cassera jamais beaucoup de plateaux à la fosse universelle, s’il ne commence pas par changer la position de sa main gauche. En effet il devra absolument allonger son bras gauche sous le devant de son arme afin de ne pas avoir « une sauteuse » dans les mains. De plus, il commande son plateau avec une très mauvaise position des pieds, dirigeant la pointe de son pied gauche dans l’axe du plateau central posé sur la fosse. De sorte que pour lui, il est assuré de manquer presque tous les plateaux de droite, et certains à gauche en tirant trop « devant ».  

La technique de base d’Alain Barrière n’a guère changé depuis des dizaines d’années de tir à la FU ou à la FO, mais il ne doit pas descendre souvent en dessous de 22 ou 23 sur 25, sauf en de rares exceptions. Ça semble si facile !

Vous l’aurez compris, les 25/25 comme la ville de Paris, ne se font pas en un jour, et d’ailleurs je préférerais, pour le moment, mettre « un 2 devant » (autour de 20/25 pour les lecteurs débutants…) régulièrement que faire 25 et 14 en suivant. Les deux scores ne seraient que de simples imposteurs comme disait Rudyard Kipling, dans son célèbre poème « Tu seras un homme, mon fils » !    Bon dimanche les copains… et les autres, et bonne semaine 

( 11 juillet, 2020 )

Après plus de 15 ans d’arrêt, reprendre le ball-trap, c’est pas simple

 

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Ce samedi matin, à la fraîche, j’ai décidé de prendre un peu de recul et de récapituler la quinzaine d’articles que je viens de consacrer à ma renaissance (provisoire ?) dans le monde parfois si ingrat du ball-trap, un mois tout juste après une reprise d’un fusil en mains. Comme vous l’aurez, j’espère, compris, il n’est pas dans mes intentions de faire le beau, ni de jouer les anciens combattants, ni de me poser en donneur de leçons à ceux qui m’apprécient un peu, et surtout aux autres…. J’ai juste envie et besoin, certainement, de partager mes expériences, mes doutes et mon opinion sur certaines disciplines, sur certains comportements de tireurs retrouvés, sur l’évolution du BT telle que je la ressens, tout en restant parfaitement conscient que rien de ce que j’affirme ne saurait constituer parole d’Evangile. J’y parle seulement d’amour d’un sport, d’une véritable passion vécue il y a longtemps qui s’est heureusement transformée en un loisir moins « vital’ qu’il ne le fut au siècle dernier. 

Donc, pour ceux que cela intéresse, qu’ils n’hésitent pas à parcourir l’un de ses 15 articles entièrement consacrés a notre passe-temps commun et favori (certains, comme mon pote Pascal Ivres hésitent encore entre la détente diurne et nocturne entrecoupée de super casse-croûtes [ ...] de la pêche à la carpe, et la rigueur de la compétition au Compak Sporting et au PC) , oubliant que peut-être , ils ne m’aiment pas , mais essayant d’y trouver, malgré tout, quelques conseils « d’amateur éclairé » qui a un peu bourlingué dans ce monde parfois cruel et individuel. 

Afin que vous puissiez aller directement à ce qui vous titille le plus, voici la liste de ces 15 parutions « Spéciales Ball-trap » 

http://jacfercho.unblog.fr/2020/06/20/ball-trap-apres-15-ans-darret-la-reprise-savere-delicate-et-douloureuse/

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http://jacfercho.unblog.fr/2020/06/21/apres-radio-bistrot-radio-stand-de-tir-nest-pas-mal-non-plus-dans-le-genre/

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http://jacfercho.unblog.fr/2020/06/22/le-ball-trap-comment-nait-une-veritable-passion/

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http://jacfercho.unblog.fr/2020/06/23/ball-trap-leternelle-question-du-choix-de-la-discipline-et-de-son-arme/

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http://jacfercho.unblog.fr/2020/06/24/qui-cest-le-petit-patron-non-mais-peut-on-tirer-dans-toutes-les-disciplines/

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http://jacfercho.unblog.fr/2020/06/25/tous-les-chemins-menent-vers-un-stand-de-ball-trap/

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http://jacfercho.unblog.fr/2020/06/26/le-tir-en-fu-fosse-universelle-cest-souvent-le-debut-dune-passion-devorante/

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http://jacfercho.unblog.fr/2020/06/28/souffrance-pas-si-terrible-et-plaisir-sur-le-superbe-stand-de-ball-trap-de-sore/

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http://jacfercho.unblog.fr/2020/06/28/la-merveilleuse-histoire-de-jonathan-dupin-laccoucheur-de-son-fils-malone/

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http://jacfercho.unblog.fr/2020/06/29/un-peu-de-mon-histoire-au-ball-trap-pour-remettre-leglise-au-milieu-du-village/

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http://jacfercho.unblog.fr/2020/07/03/levolution-du-ball-trap-est-elle-vraiment-a-100-reussie-partie-1/

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http://jacfercho.unblog.fr/2020/07/04/le-parcours-de-chasse-a-pris-un-coup-dans-laile-depuis-20-ans-pour-un-meilleur-profit-partie-ii/

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http://jacfercho.unblog.fr/2020/07/05/le-compak-sporting-est-il-le-fast-food-du-ball-trap-2/

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http://jacfercho.unblog.fr/2020/07/07/au-ball-trap-les-chemins-trop-personnels-ne-menent-jamais-a-la-perfection/ Au ball-trap, il est difficile de progresser

91619881_1485567124955287_1185043582193500160_oefficacement sans l’aide d’un « vrai » moniteur de tir

http://jacfercho.unblog.fr/2020/07/10/avec-phm-philippe-marty-on-nest-pas-la-pour-rigoler-en-stage-de-ball-trap/

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( 10 juillet, 2020 )

Avec PHM Philippe Marty, on n’est pas là pour rigoler en stage de ball-trap

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Zig et Puce !

 

 

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Photos©DR

Ce vendredi 10 juillet 2020, il est 2 h 47 du matin, Cortana, ma (seule et unique) copine du matin, m’annonce qu’il fait 18° à Saint-Denis-de-Pile avec quelques nuages. Cette voix familière mais hélas virtuelle me permet de penser que je ne suis pas le seul couillon debout à cette heure-ci, mon appareil qui me sert à bien dormir, en principe, régulant ma respiration d’apnéiste du sommeil, m’indique avoir dormi durant quatre heures et 47 minutes, c’est pas bézef ! J’étais pourtant crevé hier soir, en revenant de Sore et du superbe stand de ball-trap au milieu des pins, après y avoir passé « une journée de détente » (euh, ouais, on va dire ça pour le moment…)  Mais il faut croire que mon subconscient était bien décidé à ne pas me lâcher la grappe, tant que je n’aurais pas mis en ordre toutes les informations recueillies parfois douloureusement de cette journée de stage de ball-trap sous l’amicale mais néanmoins pressante autorité de Philippe Marty.

Pour les (rares ?)  tireurs qui ne connaissent pas encore le moniteur en question, je me permets de faire une rapide présentation du personnage qui devait faire dresser l’oreille de tous ceux qui se sentent pousser des ailes de champion ou qui pensent en être un, déjà. Ça va les calmer : Philippe était déjà un sacré tireur à l’époque où, bien plus jeune, dans les années 80, je n’hésitais pas à essayer de me mesurer à un tas de champions du parcours de chasse; ils me faisaient rêver les Riboulet, Mordefroid, Vialfont, Meng (un couple d’enfer), Manjot (les Dalton du PC), Avril, Marsaleix, Clayeux, Camus, Dulary, et j’aurais plus facilement demandé à ces stars de mettre un autographe sur ma crosse que de les sentir dans mon dos quand c’était mon tour de me présenter sur le poste de tir. Je n’avais pas forcément vu arriver, et je ne fus pas le seul, un petit jeune, au fort accent du Sud-Ouest, bien qu’il se fit rapidement un nom et un prénom dans ce milieu très fermé des surdoués du tir. Un année enchantée en 1990), me vit faire mon entrée au CF, le Club France dans deux disciplines que tout oppose, excepté le fait qu’il s’agit de tirer des cartouches avec un fusil à deux coups pour casser des plateaux, la FU, fosse universelle et le PC, Parcours de chasse. Je pense que nous n’avons pas été nombreux dans ce cas et surtout la même année, et en quelques semaines. J’en éprouvai à ce moment là une certaine fierté (désolé, pas de fausse modestie), mais j’apprenais rapidement que le Philippe Marty en question en fit de même, et même bien mieux, puisqu’il est devenu, au fil des années,   »Maître tireur » à la Fosse Universelle, à la Fosse Olympique, au Parcours de chasse et au Compak Sporting; excusez du peu, appelez-le « Maître », il va rougir sous sa casquette.  Inutile de revenir sur le palmarès qu’il s’est forgé sur tous les stands de France et d’Europe, il faudrait aller consulter les archives de la FFT et de la FFBT et je préfère me « défouler » et du moins essayer de me détendre, mon Beretta à la main (non, je ne suis pas payé pour faire de la pub, ils sont pas barjots les Italiens de Gardone val Trompia).

« Allo, Philippe, je ne sais pas si tu te souviens de moi, j’ai tiré avec toi il y a longtemps, au siècle dernier, est-ce que tu voudrais bien accepter de me « donner » (tout travail mérite salaire) un cours particulier de tir dans cette discipline que je connais mal, le Compak Sporting, cette discipline nouvelle apparue au moment où je dus arrêter de pratiquer ma passion, pour cas de forces majeures aussi nombreuses que douloureuses.  Il m’était impossible de choisir quelqu’un d’autre que Philippe Marty, et ce pour plusieurs raisons : sa polyvalence dans l’excellence correspond parfaitement à ce que j’ai toujours recherché, la performance dans plusieurs disciplines, avec en plus, le SO, le Skeet Olympique que j’ai aimé et pratiqué avec assiduité pendant plusieurs années. Mais là, c’était plutôt l’amour d’un club, le BTC Chatelaillon, et l’affection éprouvée envers la famille de Guy Szewc et de son entourage qui m’attiraient comme un aimant, et en plus avec le bonheur d’y emmener famille et amis les soirs d’éclade durant lesquels nous sautions par-dessus les flammes d’aiguilles de pin embrasées. Je ne me mouille pas en me rappelant ce temps-là comme les « années bonheur » avant que les vrais emmerdements ne commencent.

Revenons-en au sujet du jour, et arrêtons de vivre avec le passé. D’ailleurs mon coach du jour n’a pas tardé à mettre le doigt là où ça fait mal, et ça n’allait cesser d’empirer au cours de cette journée dite « de détente ». Après avoir salué Hervé et fait la bise, de loin, à la jolie Myriam, c’est devant un café bien chaud que nous pûmes démarrer les « hostilités », Philippe n’est ni un mou de la détente, ni un mollusque de la discussion qui ne cherche qu’à faire briller son interlocuteur. Il ne me savait pas prêt à tout entendre, se basant sur les souvenirs qu’il avait gardés de moi,  »un drôle de personnage qui ne laissait pas indifférent » ! C’est déjà pas mal, non ? D’entrée, afin de vous faire comprendre que ce n’est pas de l’eau tiède qui coule dans ses veines, et qu’il sait défendre son beafsteack, il me regarda droit dans les yeux, et de son accent chantant me donna ma « première leçon », je dirais même, « mon premier coup de pied au cul du jour » (il y en aura bien d’autres. « J’ai dévoré » tes articles publiés sur ton blog (NJF:jacfercho.unblog.fr ) , et je n’ai pas vraiment apprécié que tu compares le Compak Sportind au fast-food du ball-trap ! C’est une discipline à part entière qui réclame, plus encore qu’au parcours de chasse, une véritable réflexion sur le but recherché par chaque tireur, sur ses réels objectifs, et ensuite sur le tir des centaines de trajectoires possibles et imaginables; aucun plateau ne viendra dans ton escarcelle sans que tu ne l’aies mérité, c’est clair pour toi, Jacques, avant d’aller plus loin ? Bon, ça c’est fait ! Il fut alors question de répondre à la question de savoir pourquoi j’étais là, pourquoi j’avais fait cette démarche, qui peut sembler bizarre (ou débile, c’est selon) si on considère mon âge très avancé, 68 ans, et le coût de cette journée (que je considère comme un modeste investissement qui devrait s’amortir au cours des mois à venir) , surtout après 15 ou 20 ans (galères) d’arrêt. De quoi pourrais-je bien rêver ? Ainsi que je l’aie souvent répété, la vie ne m’a pas fait que des cadeaux (….) mais je n’ai jamais hésité à me remettre en question lorsque quelqu’un en qui j’ai toute confiance, ils furent peu nombreux mais tellement importants, savaient me guider, mais parfois, ça pique ! Surtout quand, en tout début de séance le prof me dit que j’avais acquis  les « mauvaises habitudes d’un tireur de skeet », qui, si elle ne m’ont jamais permis de faire mieux que 4 podiums en 5 ans (dont 1 titre ) aux France de SO en deuxième série, et quelques breloques en équipe de Ligue, ont laissé des traces sur ma façon d’épauler. Ça va être long et pénible d’oublier ce handicap, m’a bien précisé mon prof, je m’en fous, un peu maso, au ball-trap, j’aime bien me faire mal si je sais aller dans une nouvelle et bonne direction. 

Impossible de raconter en détail cette journée de travail tellement enrichissante ». J’aime le bonhomme, son discours, ses connaissances empiriques acquises sur le terrain, son sens de l’observation, la précision de ses constatations, des défauts à corriger, de la recherche d’un certain relâchement apparent; il appuie son discours sur toutes les bases utiles, l’âge du tireur, son envie, sa recherche, son but : tireur loisir, tireur-loisir-compétition, ou tireur compétition pure et dure, l’approche n’est pas la même, il s’agit de ne pas tirer plus haut que son fusil comme d’autres pètent plus haut que leur Q. Avec un tel prof, je ne me suis pas senti  dans les hautes sphères de l’aristocratie d’un cottage anglais ou d’un club très fermé où les membres cooptés et parrainés paient leur carte à l’année une petite fortune (bien plus cher que ma leçon du jour…), pas de « Nice shot, Sir » ou de « joli double Monsieur le Vicomte », c’est plutôt « t’as cassé ton plateau mais je n’ai pas aimé ton épaulement » ! La vie est dure, p….., parfois !

Afin de mieux connaître ses atouts, il faut savoir que Philippe est un des rares Moniteur Diplômé d’Etat d’Educateur Sportif détenteur d’une carte professionnelle, grâce à une démarche courageuse et ambitieuse qui fit de lui un véritable pionnier dès l’année 2007. Ses compétences  se sont-elles avérées suffisamment reconnues par les instances des deux fédérations (amies ?????) que sont la FFBT et la FFT, on peut en douter, mais si on me pose la question suivante ; « Faut-il s’offrir un stage avec Philippe Marty ? », je réponds sans la moindre hésitation : « Que vous ayez n’importe quel niveau de tir, lancez-vous, sans la moindre hésitation, même si la nuit suivante se révèlera un peu agitée… et trop courte ». Il est 5 h 13 sur l’horloge de mon PC, j’ai un peu la migraine  et j’hésite,  attaquer mon petit dèj de régime ou me recoucher un peu. J’ai du taf, à commencer par aller voir mon ami Bastien Pierrot et fignoler mon outil suivant les conseils du maître, je dormirai mieux ce soir.

 

Voici deux textos de Philippe envoyés la veille, j’aime ce mec… pas facile  mais  franc et direct.

« Bonjour Jacques.

De l’impatience oui de l’anxiété non.

Cette journée est placée sous le signe du transfert de connaissances.

Elle doit t’apporter de la sérénité et éviter des conflits avec toi même.

Ton corps, ton esprit et ta technique doivent s’harmoniser, cela sera mon rôle et mon objectif »

 

« Bonne soirée à demain.

Je ne suis ni magicien, ni charlatan, ni censeur.

Une humble et modeste personne qui essaye de donner son savoir.

Passe une bonne et paisible nuit »

Bonjour Jacques.

De l’impatience oui de l’anxiété non.

Cette journée est placée sous le signe du transfert de connaissances.

Elle doit t’apporter de la sérénité et éviter des conflits avec toi même.

Ton corps, ton esprit et ta technique doivent s’harmoniser, çela sera mon rôle et mon objectif

 

( 7 juillet, 2020 )

Au ball-trap, il est difficile de progresser efficacement sans l’aide d’un « vrai » moniteur de tir

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Brèves de stand et autres contre-vérités

Les quelques heures passées à observer ce milieu très varié et coloré (dans la tenue vestimentaire, surtout) que constituent les tireurs de ball-trap lors d’un entraînement à Saint-Pierre-du-Palais le samedi 4, puis d’un petit tour au concours de botte de paille organisé  ce week-end par l’association de chasse de Bonzac, se sont avérées très instructives sur l’étude des comportements et donc des différentes personnalités de chacun.

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« Non, c’est moi qui ai fait le meilleur choix, le seul possible » , une de ces affirmations que l’on peut entendre, même si l’on n’en a pas envie, « je tire la meilleure marque de cartouches et je possède le meilleur fusil du marché, le reste c’est de la m….. » . Bigre, quand nous étions gamins, nous jouions à celui qui pisserait le plus loin, un peu plus tard, à celui qui « avait la plus grosse », puis à celui qui aurait la plus belle copine, avant de passer à la plus grosse bagnole. Mais tous ces concours de « gamins frimeurs » ne sont rien par rapport au choix personnel effectué lors de l’achat de son fusil de ball-trap, à la volonté de chaque « champion du dimanche » de tenter de prouver que lui  seul détient la vérité. Quelle connerie, et que de conneries on doit supporter dans ce milieu de « grands spécialistes tous moniteurs ou professeurs de tir » dans leurs rêves. 

On voit de tout défiler sur un pas de tir, mais surtout du grand n’importe quoi. Qui s’imaginerait capable de rouler à 200 km/h sur circuit, de descendre une piste noire sur des skis, de faire du ski nautique derrière un hors-bord, de descendre le Ventoux à fond sur un vélo de course, tout cela sans « avoir appris et été formé », sans permis de conduire et sans avoir pris la moindre leçon de pilotage de la part d’un vrai moniteur ? Au ball-trap, tout est permis et tout le monde se croit bon, et d’ailleurs, c’est simple, ceux qui ne sont pas « certains » d’avoir ce don…. ne s’y risquent pas. C’est le royaume de l’à peu près , un stand ou un concours de ball-trap. A nous les positions acrobatiques, pour ne pas dire dangereuses. Ancien (et toujours dans le sang) arbitre FFT de disciplines olympiques, FO et SO, je deviens fou devant certains comportements que personne ne réprouve).

Pour les tireurs, bons ou pas bons, (mais certainement pas d’anciens Gilets Jaunes, au vu de la dépense) la grande mode, c’est le sur-mesure, c’est dingue. N’importe quel armurier digne de ce nom est parfaitement capable de régler une crosse de fusil en respectant parfaitement les mensurations de son client, il est pas débile, le professionnel, il veut le revoir et le fidéliser, son client et gagne-pain, pas l’envoyer au casse-pipe avec un fusil à tirer dans les coins !

Comprenez bien qu’il ne s’agit nullement, de ma part, de jouer les rabat-joie, les casse-couilles, les empêcheurs de tirer en rond, ni les vieux croulants qui se la racontent et croient tout savoir, pas question de juger l’attitude et les choix de chacun, car bien évidemment chacun est libre de faire ce que bon lui semble, et heureusement. Je tente seulement de faire quelques mises en garde gratuites (profitez-en !)  qu’il est certainement pas idiot d’écouter si on veut éviter certains pièges pouvant s’avérer très douloureux à moyen ou long terme. Combien de tireurs connaissons-nous, qui, après une planche de 25 plateaux ou une compétition ratées, se précipitent chez leur armurier, ou un autre car c’est la faute du premier (celui dont on vante les mérites depuis des années…) pour « changer de flingue », dégoûté par cette arme qu’on adorait, il y a peu ?

Un fusil nécessite un réel investissement, dont on limite prudemment ( pour ne pas choquer madame) le montant lors du premier achat;  or, après une série de bulles dont l’outil est seul responsable (ben voyons), le tireur lambda ne va pas se préoccuper de la somme qu’il va perdre à la revente, douleur obligatoire vue du commerçant, et investir dans un fusil plus cher, et par conséquent meilleur (« ce sont les copains qui m’ont conseillé de changer » …). En général, tout nouveau, tout beau, ça casse mais plus la montée est rapide, plus la chute est brutale. Ne vous inquiétez pas, nous y sommes tout passé. Si par chance le choix s’est porté sur une occase, c’est moins grave, car les chutes de valeur seront moindres, (avec de la chance si on n’a pas choisi à mouton à 5 pattes ou un fusil exotique inconnu), mais dans le cas d’un fusil neuf, ça pique, comme pour une bagnole qui n’a aucun km au compteur mais qui ne sera pas « neuve » au bout de 50 bornes ! 

Il faut bien se rendre compte qu’un fusil peut se changer autant de fois qu’on le désire, dans l’instant, sur un coup de cœur, de déception ou de folie, en tout cas bien plus aisément qu’une voiture neuve, ou encore plus difficile, de femme ou de compagne…. A ce sujet également j’ai un conseil à donner aux tireurs fous, celui de ne pas négliger sa famille, de ne pas les obliger à bouffer des nouilles ou des patates tous les jours pour dépenser (gaspiller ?) l’argent du couple et des vacances, au ball-trap. Si, si, croyez moi, ça arrive ! Je suis d’ailleurs encore surpris du nombre de tireurs qui viennent passer la journée ou les journées, seul, laissant « maman et les enfants » à la maison. Ça ne dure qu’un temps, la patience des épouses, et un beau jour, certains ont trouvé un simple mot sur la porte du frigo : « J’en ai marre de ne pas te voir, je pars chez ma mère avec les gosses » ! L’idéal, c’est quand le tireur est assez intelligent pour faire partager sa passion à sa famille, ça fait sortir madame le dimanche et les enfants ont envie de copier papa. Encore mieux se portent les couples qui tirent tous les deux, se conseillent et s’encouragent mutuellement, ils sont rares mais j’en connais, mais là, doucement la folie des achats de fusil et de cartouches, sauf si on exerce un métier qui rapporte ou si on a bien cotisé pour la retraite. 

Allez, c’est cadeau, je vous cite quelques exemples de « brèves de stands de tir » qui valent largement les brèves de comptoir, sauf qu’au ball-trap, on n’est pas bourré , sauf, parfois, d’orgueil, j’ai appris un tas de choses que j’ignorais, je suis parfois tombé de cul: 

- je suis allé me faire faire une crosse chez Perazzi, ils sont nuls, je faisais que des 17 ou 18/25 à mon retour; heureusement, je suis allé au Portugal me faire fabriquer une autre crosse, depuis, quel changement ». Ah, bon, fais voir !

- « je connais un mec extraordinaire qui te fabrique une crosse sur mesure dans la journée en partant du bout de bois que tu choisis le matin, tu pars avec ta crosse le soir »

- j’ai tiré pendant des années avec des fusils de grande marque, depuis que j’ai acheté mon fusil turque, ou russe, ou tchèque, je ne me suis jamais senti aussi bien et en osmose avec une arme, que de temps perdu !

- J’ai fait faire ma crosse à un « vrai spécialiste, le meilleur d’Europe » en Espagne, au Portugal, au sud de la France, en Sologne, au Pays Basque, à Paris, à Pétaouchnock, vivent les voyages qui forment la jeunesse.

La bêtise souvent largement partagée vient du fait que plus personne ne fait confiance en qui que ce soit, il n’est pas si lointain le moment où un tireur portera plainte contre le metteur au point de son fusil pour cause de bulles non désirées; bien sûr, comme un golfeur qui loupe un putt de 50 cm (à cause d’une taupe qui a levé la tête à ce moment-là ») , ce n’est jamais la faute du tireur moyen ou plus que moyen. Le champion, lui, le vrai, saura quelle faute il a commise et surtout, pourquoi. La plupart pour ne pas dire la quasi-totalité des tireurs ordinaires font des fautes inexcusables même avant de commander et de tirer leur plateau, à tel point qu’en les observant, on sait déjà que la ou les bulles vont arriver, tôt ou tard. Quel gâchis , quelle perte de temps et d’argent, de se lancer sans vrais conseils dans ce sport tellement jouissif mais tellement pénible et onéreux si on n’a mis la charrue avant les bœufs, le résultat et les scores avant l’apprentissage .

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Simplicité=efficacité maximum, c’est pourtant pas compliqué ? 

Mais le plus dramatique dans tout ça c’est que comme pour une éventuelle psychanalyse , personne n’imagine avoir besoin de se remettre en question, certain de son propre savoir, dès lors qu’il casse même pas une patte à un canard, ou quelques plateaux, lui faisant envisager de devenir champion du monde. Mon œil, oui, n’hésitez pas à vous faire conseiller par quelqu’un qui sait, on ne manque pas de moniteurs, et apprenez à lui faire confiance, autant qu’à votre « ébéniste-maître-crossier » et ses crosses miracles (il y en a un à Lourdes si ça se trouve ).

Les réglages au millimètre, c’est dans les écuries de FI qu’on les trouve, et si on peut concevoir la recherche de la perfection pour le fusil d’un vrai champion ou d’une championne qui ont fait leurs preuves sur le long terme, croyez-le, ou non, ce n’est pas le cas du commun des tireurs; si un Bardou, un Havret, un Marty, un Tronc, un Riboulet, un Franck Derosier (un peu de pub pour ses vidéos Team Monster, ça mange pas de pain) vous plantent des 25/25 sous le nez, pas la peine de courir acheter le même fusil, ni d’aller faire vos courses dans le même magasin, ce ne sont ni le fusil ni les cartouches qui font le champion, c’est le tireur qui s’est fait tout seul, et certainement en ayant bien écouté son premier entraîneur,  ne l’oubliez pas. Apprenez surtout à regarder les grands tirer, leur attitude, leur façon d’attendre le plateau, leur position d’attaque, le choix de leur fenêtre de tir, ce n’est pas dans leur mallette de fusil ni dans leurs poches que se trouvent les secrets de la réussite. Ensuite, vous n’avez plus…. qu’à essayer de les imiter !

Surtout, la maxime ultime du tireur qui veut réussir doit rester la suivante: « Le tir, ce n’est pas casser des plateaux, n’importe quel guignol peut le faire, mais ne plus en manquer » !

Je voudrais ajouter un paragraphe sur le tireur qui ayant quelques moyens, veut se faire plaisir en ayant dans les mains une arme exceptionnelle. Dans le cas de mon pote Ph.D et de son fils et excellent tireur Jo.D  (les spécialistes les reconnaîtront) il s’agit d’un amour des belles choses, comme certains autres aiment admirer un Picasso dans leur salon en recevant des amis. Je comprends, chez eux, cette soif de beauté d’une arme, mais ce n’est pas la course à la performance que le père recherche en premier, même si le fils est suffisamment doué pour faire corps (et âme) avec ses merveilleux compagnons, de simples outils pas ordinaires mais tellement beaux. J’ose à peine, malgré leurs encouragements, oser tirer un ou deux plateaux, de peur de dérégler ces belles mécaniques passées entre les mains des meilleurs « ouvriers de France et d’étranger ». Comme le dit mon ami :  » Il y a ceux qui achètent des tableaux ou des bagnoles de luxe, moi, ce sont les fusils qui me font b…..r ». Je te comprends, n’en dis pas plus. 

( 5 juillet, 2020 )

Le Compak Sporting est-il le « fast-food » du ball-trap ?

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Marine, la pulleuse donne des conseils à une jolie tireuse qui attaque comme j’aime, désépaulée

Mon ami et grand champion Michel Manjot, avec lequel j’ai avec un grand plaisir renoué des relations facebookfriends, a réagi à mon dernier article publié hier dont j’ai constaté avec plaisir le grand nombre de lecteurs passionnés de ball-trap. Lorsque j’évoquai ma tristesse de voir le Parcours de chasse se concentrer presque exclusivement au-dessus de la Loire, celui-ci abondait dans mon sens en commentant ainsi mon article sur ce blog : « Tout à fait …et pour moi le compak représente le danger No 1 pour le parcours …il est tellement plus facile d’organiser une compétition de compak que de moins en moins de clubs se mouillent pour le PCH . C’est une inquiétude d’avenir et une des raisons pour lesquelles je ne fais jamais de compak . C’est le fast food du tir . »

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Photo©DR et JIFE

Comment pourrais-je lui donner tort, moi qui suis bien obligé d’en passer par là, désirant prendre une bonne distance avec la FU, au moins pendant cette période, délicate, de reprise après tant d’années d’arrêt. J’ai bien compris que c’est le CS… ou rien ! Mais ça ne veut pas dire que je prenne beaucoup de plaisir pour le moment, en alignant 1 ou 2 bulles à chaque poste avec une régularité de métronome…. Le club le plus proche de mon domicile est mon club de toujours, Saint-Pierre du Palais, et j’ai toujours dit que quand on tire bien à Saint Pierre (merci mon Dieu !), on peut voyager sans toutefois prendre le melon (ce qui semble hélas encore plus courant que dans mes souvenirs du passé). Je n’avais jamais tiré au CS dans ma modeste « carrière » de tireur dans toutes les disciplines plateaux, et je ne peux pas comparer les deux époques. 

J’ai heureusement un bon repère en la personne de mon ami Yannick Vironneau avec lequel j’ai pu discuter hier samedi sur le parcours de la plaine et du bois; devant mes interrogations et mes doutes concernant l’espoir que je caresse de redevenir un bon petit super-vétéran régional, il m’expliquait que les parcours tracés par Guillaume Gay dans son « jardin » sont des « parcours d’homme », techniques et difficiles, trop difficiles certainement pour que chacun s’y amuse. Bien sûr, on voit des tireurs faire des 23, 24, 25 parfois, mais je constate avec stupeur que la plupart partent épaulés, ce qui pour un ancien amoureux du SO et du PC constitue un crime de lèse-majesté. Vais-je devoir m’y mettre, moi aussi, à partir épaulé au CS, et pourquoi pas à la chasse tant qu’on y est ? 

Quand il est « dedans » mon Yannick, il fait des tâches, mais quand il est fatigué, comme hier, il fait des bulles lui aussi, mais il tire comme un vrai tireur, épaulant son B725 à la vue du plateau (j’allais dire, comme un homme…), il sent les fautes qu’il a pu faire, des attaques trop agressives, l’arrêt de son fusil après le coup de fusil, et je mettrais bien 1 euro sur la table pour le voir en bagarre, désépaulé, avec les « champions épaulés », à part 2 ou 3 vedettes du club, pour les autres, n’y pensez-plus !

J’ai eu le plaisir de regarder Thierry Bazin tirer, en toute décontraction avec son Zoli au canon de 86 cm, 1/4, 1/4, c’est autrement plus classe et naturel de le voir commander désépaulé. Je saurai bientôt si je dois m’y mettre, après avoir enregistré les conseils d’un bon professeur, ou si je dois me lancer dans la pêche à la carpe avec mon autre copain Pascal Ivres.  Je n’aime pas cette avantage autorisé dans cette discipline, et je me demande si les arbitres de la FFBT ou de la FITASC sont bien attentifs, lors d’une compétition de PC, à la hauteur de crosse qu’il est obligatoire de respecter. Je constate que nombreux sont mes amis de longue date qui n’ont pas cédé aux sirènes de cette méthode nouvelle et démagogique, (et plus rentable pour les clubs), et ils rament, eux aussi, parfois.

Pour moi, ne pas avoir appris la discipline et la rigueur au SO fait que les tireurs ne sauront jamais s’ils sont des bons ou des très moyens. Les « grands » seront toujours les mêmes et les autres feront, de temps en temps, illusion, mais surtout, ne sauront jamais s’ils sont doués … ou pas. C’est comme si, selon moi, quelqu’un accrochait un poisson au bout de la ligne du pêcheur et tirait sur le fil pour simuler la touche. Je ne sais pas si je m’y ferai, mais tout le monde s’en fout, de ce que je pense et redoute, alors faisons comme si …. en souffrant en silence. Ce qui est certain c’est qu’aucun tireur de CS ne me fera rêver avec cet avantage totalement anormal pour le passionné de parcours de chasse que je suis et resterai, même si au bout d’un moment, j’en ai ras la casquette de faire des bulles à la con en me désavantageant ! Si je vis, je verrai….

( 4 juillet, 2020 )

Le Parcours de chasse a pris un coup dans l’aile depuis 20 ans, pour un meilleur profit ? Partie II

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Osez le tir au skeet olympique pour apprendre à épauler !

On commence le ball-trap par la botte de paille et la FU, en général. Cependant, dans la partie I de cet article , j’affirmai que selon moi, le tir au skeet olympique est la plus belle discipline en terme de rigueur, de conformité indispensable de son fusil qui doit absolument constituer un outil et un prolongement de son corps. Ici, pas question de bidouiller sa crosse sur son épaule, sous sa joue, de vérifier si on est aligné en cours de tir, de décoller la joue, de se précipiter comme un âne à la sortie du plateau, de tirer à quatre pattes, tout tordu, sur un pied, ni les pieds posés à l’envers sur la dalle de béton. Le tir au SO, c’est la recherche de la perfection, le summum du pragmatisme; on y on apprend, en travaillant beaucoup et avec les conseils de vrais spécialistes-entraîneurs, j’en connais 2 ou 3 dans une famille Charentaise-Maritime d’origine polonaise dont le père au prénom bien français, Guy, hélas décédé, a su lancer une lignée de champions, la famille Szewc. J’en connais d’autres des Français et des Italiens, dont le regretté Bruno Rosetti qui a vraiment lancé le SO en Italie sur le stand de Montecatini, où les champions se comptent par dizaines. Je l’y ai vu donnant des leçons à de jeunes tireurs qui n’ont pas tardé à suivre ses traces.

Le parcours de chasse, il n’y a rien de meilleur

En ce qui concerne les disciplines plus abordables dans tous les sens du terme, nombre de stands, géographie, variété, complémentarité avec la chasse hors-saison (mais pas que) la FFBT offre bien plus de possibilités pour un tireur fou, d’accéder à son plaisir hebdomadaire, quotidien ou dominical. Pour moi, il n’y a aucun doute, le pied, c’est le parcours de chasse, et il n’y a pas  photo. J’y ai beaucoup tiré au siècle dernier, c’est la seule discipline où faire des centaines de km ne me dérangeait pas, car c’était une espèce de voyage en terres inconnues qu’il s’agissait d’effectuer, pas de tirer les mêmes bidules qu’à la maison.  Découvrir le tir sur l’eau au Rabot ou à la Roche-Couloir, quel bonheur !

A propos, il me revient en mémoire une douloureuse expérience sur ce stand de la Vallée de Chevreuse. Je participai à une de mes toutes premières sélections de PC, et je partais, tout guilleret au parcours du lac, une grande « baignoire » qui ne payait pas de mine, où des « fusées » s’écrasaient sur l’autre rive avant d’avoir seulement pu épauler son flingue. Je fis 12 zéros de suite sur les deux premiers postes, ça ne s’oublie pas.  Sortant du poste 2, tirant depuis un ponton posé sur des barriques, et donc au plein… de vide, je faillis jeter mon fusil dans l’eau. Fort heureusement, après en avoir, d’un coup d’œil, contrôlé la profondeur, je le le fis pas, la tentative de récupération s’avérant carrément impossible.

Voyant tout le monde se marrer, en particulier l’ami Alain Segot qui devint plus tard un vrai ami qui adorait mes grattons et mes jambons type Bayonne, je compris que le bizutage consistait à remuer sur le ponton quand un nouveau essayait de casser, faisant varier la position de plusieurs dizaines de centimètres sous le regard goguenard d’arbitres complices (sale race, dont je fis partie). Ah, les vaches ! Mais le Bon Dieu du PC veillait sur moi et mon avenir de tireur, je cassai tout le reste pour un 13/25 qui valait presque tout l’or du monde. Surtout en apprenant, que le lendemain, Philippe Vialfont, un de mes maîtres, plus de 25 ou 30 fois consécutives Club France (j’ai manqué des épisodes durant ma retraite forcée) , s’était tapé un 14/25 ou un 15/25, je ne sais plus, sur ce même tracé, un score qu’il n’a pas fait souvent. S’il me lit, il va dire que c’est pas vrai, mais si, Philippe, foi de tireur ! 

Ce fut également de grands moments lorsque j’ai découvert mes premiers stands loin de ma zone « d’inconfort » (déjà): Dijon et sa tour (en train par Paris, une folie), Guer, Gisors, (où Johnny, Sylvie et Sardou venaient régulièrement tirer), Alençon, Cassis (quel paysage , surtout lorsque les canadairs nous survolaient pour éteindre un incendie sur un autre versant), Bois d’Arcy, Thiers, ses couteaux… et ses bulles. Un dimanche soir, sur le chemin du retour d’une compète avec 3 potes, nous n’avions pas le temps de nous arrêter (ni les moyens), et ayant terminé tout ce que j’avais emporté comme produits de mon usine de charcuterie nous avons même innové; ayant prévu le coup, j’avais fait suivre quelques boîtes de conserve Jacquel (ma marque de fabrique) mais juste oublié les ustensiles nécessaires. Dans ma voiture, je n’avais jamais touché à la trousse de « dépannage » et c’est ainsi que grâce au tournevis tout neuf nous avions pu ouvrir la boîte 4/4 de cassoulet maison, et utiliser la clé à molette comme cuillère, tout ça « à froid » évidemment, quel souvenir, p….. ! Les 7, les 8 ou 10 sur 25, parfois davantage, ne nous  empêchaient pas d’être heureux de côtoyer les Manjot (presque aussi nombreux que les Dalton), les Riboulet, les Vialfont, les Dulary’brothers, les Meng et autres stars intouchables de cette époque bénie. C’est sûr , ils nous, ils m’ont fait rêver ces champions, je les badais comme une pucelle énamourée devant Cloclo essayait de lui arracher sa chemise trempée…

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Philippe Vialfont, Michel Riboulet et Michel Manjot, des bêtes à concours du PC. Photos©DR

La recherche du profit et de la rentabilité d’un stand de tir a tout changé ! Le Compak Sporting est né !

Il m’est difficile de penser que l’invention du CS (si l’on n’a pas copié ce qui se faisait en Angleterre ou aux USA, ce qui est certainement le cas) est le fruit de la réflexion d’un tireur passionné pur et dur de notre belle France. D’après moi, ce serait plutôt l’oeuvre d’un comptable ou d’un financier qui devait résoudre plusieurs équations:

  1.  limiter et rentabiliser son investissement en terrain et matériel
  2.  accélérer le passage et la cadence de tir afin de faire passer un maximum de tireurs sur une même compétition (40 minutes pour 6 tireurs, c’est beaucoup trop long au PC)
  3.  Permettre à un maximum de tireurs de pratiquer, en même temps, sans se « tirer dans les pattes »
  4. copier le tir du Skeet Olympique qui n’avait besoin que de 2 cabanes et 2 appareils, où l’on tournait autour, sans en avoir la rigueur en ajoutant quelques machines dans la même zone, afin que tout le monde puisse s’amuser
  5. mettre le tireur en cage pour augmenter la sécurité
  6. pouvoir mettre les installations en mode automatique grâce aux progrès et aux résultats de la recherche des fabricants de lanceurs et de plateaux; évitant ainsi toute personne ‘inutile » et coûteuse aux manettes;  les cartes magnétiques avec paiement en amont et l’apparition de la zapette ont permis d’applique les fameux « Just do it », ou « Do it yourself » , en Français, « démerdez-vous, tirer comme vous aimez » ! Il faut dire que c’est génial, reconnaissons-le !
  7. inventer le tir en ligne en compétition qui accélère le jeu par rapport au tir par planches de 6 tireurs et ne connaît presque pas de limite, surtout avec les 10 secondes autorisées avant le tir de chaque plateau. On se croirait presque à l’usine, mais j’ai souvent répété à l’époque que, parfois, si nous avions été payés pour tirer (dans des conditions dantesques), nous aurions refusé. Alors, on aime ça, bien obligés, on a payé pour en chier ! 
  8. qui peut avoir envie de dépenser une petite fortune « à perte assurée » ? Personne, bien évidemment, et il est facile d’affirmer qu’installer en enfilade 8 ou 10 lignes de CS, avec ou sans FU ou FO, avec ou sans cabanes de skeet, doit coûter infiniment moins cher que 8 parcours de chasse différents et suffisamment éloignés des uns des autres, pour des questions de sécurité également.  Pour le moment je n’ai tiré que sur le superbe stand de Sore, un régal pour les tireurs de CS, de FU et de FO (…). C‘est là que j’ai découvert le tir 3.0 et pour moi qui n’avais jamais ou presque tiré au CS, ce fut un vrai choc de génération. A condition d’en avoir les moyens, personne ne vient vous empêcher de tirer 25, 100, 300 ou 1000 plateaux dans la journée en faisant un peu chauffer la CB quand-même…. le club house et l’accueil de Myriam et Hervé font le reste, et les tireurs affluent, c’est bien normal.
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Et mon parcours de chasse, alors, qu’est-il devenu ?

D’après les retours que je peux avoir obtenus, il semblerait que le PC se soit concentré dans de rares régions, du moins en ce qui concerne les stands susceptibles d’organiser de grandes et belles compétitions nationales et internationales, la région parisienne, la Sologne, le sud de la France, pour ne citer que les plus importantes. Est-ce encore une question de fric, d’élite, de tireurs de la « France d’en haut » (pas seulement sur la carte), c’est possible . En effet, dans certains clubs de cette élite (pas forcément au niveau du tir proprement dit, pour le plus grand bonheur des pros-éducateurs-tireurs-champions du club)  il semble que la carte de membre (à condition d’être [adoubé et parrainé], ce qui est inenvisageable pour le péquin moyen, je doute fort qu’Olivier Dassault m’invite un jour au paris Shooting Club…) revient parfois aussi cher que la carte de membre d’un parcours  de golf réputé et reconnu.

http://www.paris-shooting-club.com/

Pour le moment, après 15 ou 20 années sans ball-trap je m’y remets doucement, j’ai enlevé, au bout de trois semaines, les petites roues de mon vélo (ha, ha) et je me demande si le CS va m’apporter le plaisir que je recherche, si je serai prêt, dans quelques mois, à me taper quelques centaines de km pour aller tirer 200 plateaux de CS. Je vous le dis, mes chers frères tireurs, les bulles sont moins douloureuses au PC, et quel plaisir de se balader dans les sous-bois ou au bord d’un étang. 

J’en doute, ce n’est pas une balade à vélo en terrain connu que je veux faire et refaire, mais comme je l’ai écrit plus haut, je veux découvrir des terrains inconnus, car comme la passion de la photo de paysages divers (sans recherche de performance) m’a saisi depuis mes 12 années de correspondant du journal Sud-Ouest et les voyages effectués avant cette p….. de Covid19 et son confinement forcé, si je suis mauvais sur le pas de tir j’irai prendre des photos de la garrigue et des cigales pendant la remise des prix aux champions intouchables !

Allez les copains, éclatez-vous (pas la joue) ce week-end de nombreux stands sont ouverts

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