( 3 avril, 2018 )

Merci maman, merci papa

 

colette Maurice Numériser0001Colette 1958

Quand nous sommes enfants et même bien plus tard on a souvent du retard à l’allumage mais le temps qui passe fait, qu’un jour, on se rend compte de ce que nos parents nous ont apporté. Ma maman née en 1925 sauta une classe et obtint ses deux bachots, comme on les appelait à l’époque, à 16 ans. Son intelligence rare l’a aussi bien servie que desservie durant les années précédant son décès en 1994. Elle était aussi formidable quand elle nous expliquait quelque chose, que « peau de vache » lorsqu’elle souffrait de certaines trahisons ou injustices de la vie. Elle appuyait là où ça fait mal avec une vivacité d’esprit qui nous laissait, ma soeur Hélène et moi, complètement « détruits » lors de certains grands moments inoubliables. Nous ne furent pas les seuls, petites-filles, petit-fils, beau-frère et belles-soeurs subirent parfois un traitement particulier dignes de « Merci pour ce moment », ce sale truc écrit par une femme en colère.

Comme les hommes violents ont souvent été battus dans leur enfance, (ah ça j’en ai pris des branlées qui me laissaient à moitié KO au fond de la douche, mais je les avais toujours méritées, n’ayant jamais trouvé autre chose pour que mon père m’aime et n’ait plus peur de s’occuper de moi, ma mère me passait du Synthol après l’embuscade) )  j’ai parfois reproduit ( je laisse ma frangine confirmer ou infirmer sa propre attitude) le même schéma avec mes filles, sans jamais les frapper et j’en suis fier, quel con j’ai pu être, c’est bien fait pour ma gueule si le pont est « un peu » coupé avec elles, elles ont aussi hérité de certaines « qualités »  de leur mamie…. Pour en revenir à ma mère, qui se prénommait Colette (est-ce un signe ?), avec ses deux bacs, elle se retrouva, par amour et comme elle le répétait souvent, coupant des côtelettes de porc ou de mouton, du pot au feu ou des tranches de jambon dans une petite boucherie charcuterie d’Arveyres. Elle qui rêvait de devenir prof, institutrice ou secrétaire médicale un peu plus tard, elle préféra suivre son Maurice de mari dans ses projets, et heureusement il n’en manquait pas. Avec son certificat d’étude pour « bagage » il se lança dans la conserve de pâté, de plats cuisinés, passant ses nuits à surveiller le four avant de se lancer dans l’aventure Jacquel  à saint-Denis-de-Pile, l’élan lui ayant été apporté par son père Marc, boucher, et l’invention de Frigidaire lui permettant de travailler la viande toute l’année. Comme si cela ne suffisait pas pour décrire l’homme, il débuta sa carrière avec une méningite, et en 1955, c’était déjà pas un cadeau. Marc fut maire de la commune pendant plus de vingt ans (je crois…) et son fils Maurice le devint à son tour en mars 1983. Il fut également président du Syndicat des salaisonniers de Gironde, puis juge au Tribunal de commerce, pas mal pour un mec qui a quitté l’école bien trop tôt. Le maire auquel il a succédé, dont je ne cite pas le nom par … complaisance lui écrivit une lettre assassine, dès son élection, dans laquelle il prévenait mon père qu’il ne supporterait pas le poids de ce poste et qu’il en mourrait. Ce fut hélas le cas, six mois plus tard, emporté par un cancer foudroyant la veille de Toussaint, ayant juste le temps de connaître ma seconde fille Sara, née en juin 83, qu’il passait voir tous les jours avant d’aller au boulot. Avec Anna, ma grande fille née en 1976, il eut le plaisir de lui faire un peu partager son amour des chevaux, quelques émouvantes photos de famille sont là pour le rappeler. Le jour de ses obsèques il y avait du « lourd », vu sa position sociale, et je peux dire qu’il y en avait des faux culs !

Revenons à Colette puisque c’est à elle que je tenais à m’adresser au début de cette note. Il nous arrivait parfois, à ma soeur et à moi, après lui avoir posé une question, de nous dire :« Zut, mais quel idiote (e), j’en ai pour une plombe ! » Car lorsque nous demandions l’heure à notre mère, elle se croyait obligée de nous expliquer comment marche une montre. Ses regrets de ne pas avoir pu poursuivre une carrière d’intellectuelle lui donnaient alors une formidable occasion de nous « faire la leçon », mais sans se la péter, essayant juste de ne rien oublier, c’était chiant mais aujourd’hui, je comprends combien c’était fort et beau. Car je suis devenu aussi chiant qu’elle au niveau de la culture et du bon français, correct tout au moins. J’ai passé douze années à écrire 5700 articles pour le journal Sud-Ouest en tant que correspondant local de Saint-Denis-de-Pile, y mettant toute ma passion, mon envie de bien faire et de faire de belles photos pour faire plaisir à mes patrons. Maintenant c’est avec Didier Poulain, directeur de RCM Radio Cadence Musique 99.2, que j’entame une énième  période de ma vie, la dernière je pense. C’est maintenant que j’ai besoin de rassembler tous mes souvenirs et tes leçons. Merci maman! J’ai essayé de transmettre tout ça à mes deux filles, et qui sait peut-être qu’un jour un de mes filles ou les deux diront à leur tour : « Merci papa.

Alors ne m’en veuillez pas trop, car quand j’essaye de vous aider de mon mieux, c’est souvent ma maman qui parle pour moi !

( 3 avril, 2016 )

Je tente de renaître de mes cendres

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Bonjour les amis. Pendant plusieurs années, (de 2009 à 2015, je crois)  j’ai tenu un blog hébergé par le journal Sud-Ouest. Je viens de me rendre compte que celui-ci est toujours en ligne même s’il n’est plus actif pour de multiples raisons. Ceci me rappelle Annie Girardot lorsqu’elle reçut un César d’Honneur qui me donne envie de reprendre ses mots à ma façon: « Je ne sais pas si mon blog vous manque, mais à moi, il manque douloureusement. Mais comme il est toujours en ligne , je me dis que peut-être, je dis bien peut-être, je ne suis pas encore tout à fait mort ! » Et puis il m’a obligé à en créer un nouveau, parce que j’ai envie de « raconter » ce que je vois. Si vous éprouvez une quelconque nostalgie, ou une simple envie de vous replonger dans ces années là, et de retrouver des photos, n’hésitez pas.

http://saint-denis-de-pile.blogs.sudouest.fr/index-1.html

http://saint-denis-de-pile.blogs.sudouest.fr/archive/2012/09/19/arts-patrimoine-incivilite-et-aide-aux-personnes-a-mobilite.html

 

( 11 janvier, 2016 )

Projet Voltaire nous aide à bien prononcer 20 mots

 

sherlock_holmesMaîtriser la langue française, ce n’est pas seulement bien l’écrire, c’est aussi bien la dire et donc prononcer correctement les mots qui la composent. Or par mimétisme avec ce que nous entendons dans les médias mais aussi dans nos conversations quotidiennes, nous sommes tentés d’adopter des prononciations erronées.
ABASOURDIR: La bonne prononciation : le « s » se trouvant entre deux voyelles, on prononce [abazourdir]. ANANAS: La bonne prononciation : le langage soutenu préfère [anana], mais le langage courant/régional accepte aussi [ananass]. Vous avez donc le choix. CARROUSEL: La bonne prononciation : même règle que pour « abasourdir » ; placé entre deux voyelles, le « s » se prononce comme un « z », d’où [carouzel]. EXSANGUE; La bonne prononciation : [èksangue]. FÉERIE: La tentation : ajouter un accent aigu sur le second « e », ce qui donne [féérie]. La bonne prononciation : conformément à l’orthographe du mot, soit [férie], sur le modèle de « fée » dont il est issu. GABEGIE La tentation : ajouter un accent aigu sur le premier « e », ce qui donne [gabégie]. La bonne prononciation : conforme à l’orthographe du mot, soit [gabeugie]. GAGEURE: La tentation : dire [gajeure] parce que, d’habitude, « e + u » se prononce [eu]. La bonne prononciation : [gajure]. Ici, la lettre « e » est muette ; elle sert simplement à donner le son [je], comme dans le prénom Georges. GENÈSE La tentation : ajouter un accent aigu sur le premier « e » pour faire [génèse].La bonne prononciation : conforme à l’orthographe du mot, soit [genèse]. MAGNAT La bonne prononciation : [mag-nat]. MŒURS La bonne prononciation : l’usage traditionnel (pour ne pas dire vieilli) rend le « s » muet, mais dans le langage courant, il se prononce, et permet d’éviter la confusion avec le verbe mourir (meurt). Vous avez donc le choix. OIGNON La bonne prononciation : [onion]. PUGNACE La tentation : dire [puniass] sur le modèle d’« ignare », la bonne prononciation : la même que « magnat », soit  [pug-nass]. RÉBELLION: La bonne prononciation : conforme à l’orthographe du mot, soit [rébellion]. REHAUSSER La bonne prononciation : conforme à l’orthographe du mot, soit [reuhausser].

Quelques noms propres : BOURG-EN-BRESSE se dit [bourkanbresse].LUBERON se prononce comme il s’écrit, soit [Lubeuron].MONTPELLIER peut se prononcer [montpeulier] ou [montpélier], conformément à sa racine occitane.La marque de couteaux LAGUIOLE se prononce [Layol]. Le nom de la romancière Madame de STAËL se dit [Stal]. Enfin, celui du sémiologue Roland BARTHES se prononce [Barthe] et non pas [Barthez], comme l’avait fait un ancien président de la République française… sur le retour !  Et n’oubliez pas le mois de jouin n’existe pas, il se fume…

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