( 24 juillet, 2020 )

Voyage en terres inconnues au royaume du parcours de chasse. Partie 1

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En ces beaux jours de juillet 2020, désirant changer l’air de mes vieux poumons après une longue et angoissante période de confinement (pas encore terminée)  j’ai proposé à ma sœur Hélène de m’accompagner dans une balade au pays de la chasse et surtout du parcours de chasse, dans une région boisée et propice à la pratique du ball-trap. Après en avoir beaucoup discuté avec mes copains Philippe Dupin, Pascal Ivres et Yannick Vironneau, des fondus du tir aux plateaux qui ont profité de ma longue cessation d’activité pour ne plus me laisser aucune chance sur une série de 25 et encore moins sur une compète en 100 plateaux, je me décidai à tenter « the big adventure » sur des sites mythiques. Quand je pense que je leur ai tout appris au siècle dernier ! Non, j’déconne, mais j’ai bien le droit de me faire plaisir, non, après tout c’est moi qui m’y colle, à la rédaction de cet article (…) mais ce qui est certain, c’est que j’ai tout fait pour les encourager, les aider comme je pouvais, et les bousculer pour les faire sortir du bois où ils se terraient, à l’abri des regards et de la concurrence d’autres tireurs. Vous croyez qu’ils me donneraient quelques plateaux d’avance maintenant, tiens fume, c’est du Belge ! Que le monde est cruel !

Ayant repris le fusil et les cartouches il y a un peu plus d’un mois dans la discipline du Compak Sporting, la seule que je n’avais jamais pratiquée en compétition avant de devoir me séparer, la mort dans l’âme, de mes gilets de tir, et de tous mes accessoires ; j’avais bradé mon dernier fusil auquel je tenais tant pour mettre un peu d’épinards dans la margarine, un Perazzi SC3 dont je rappellerai l’histoire un peu plus loin dans cet article si j’y repense . Sans chercher à faire pleurer dans les chaumières, ces vingt dernières années, sans ball-trap, (mais pas que…) et au cours desquelles ma vie d’homme s’est avérée particulièrement pénible à presque tous les points de vue, ont été difficiles à traverser sans dégâts financiers, psychologiques et physiques, et ceci est un euphémisme.

Allez, t’occupe pas des signaux, mets du charbon, frangin !

Nous voici donc transportés dans un autre monde et quoi de mieux pour (re) découvrir le parcours de chasse que de se rendre dans un des clubs nés et devenus incontournables pendant ma longue absence (dont tout le monde se fout avec raison) les plus que fameux Shooting Club du 41 et du 45.

Mercredi 22 juillet.

J’ai dû être un peu fou pour oser me pointer, la gueule enfarinée au Sologne Shooting Club de Chaumont sur Tharonne au lieu-dit Courgenou (41600, merci à mon GPS) ;  j’ai passé deux mois à Pattaya en Thaïlande entre décembre et février au guidon d’un  scooter 125cm3 Suzuki, alors il ne pouvait rien m’arriver lorsque Pascale, l’adorable hôtesse du lieu me tendit la zapette pour partir découvrir le ball-trap 3/0. Oui, tout a changé, tout a évolué, il me faudrait une semaine pour découvrir tous les parcours et tous les appareils cachés plus ou moins bien dans une forêt aussi dense. 

J’ai un peu triché, car je n’étais pas vraiment seul ! A la suite d’un article publié sur ma page Facebook où je racontais mes sensations après le concours en 100 plateaux de Compak Sporting de Saint-Pierre-du-Palais, durant lequel, comme je l’ai déjà écrit, j’ai fait mon âge, j’ai reçu une réponse tout à fait surprenante et inattendue. Ce message d’un « inconnu » qui s’est avéré très connu dans le milieu des fusils Perazzi et encore plus dans la famille des meilleurs tireurs français, m’a particulièrement ému, et ce pour plusieurs raisons : d’abord parce qu’Alain Gendreau, puisque c’est de lui qu’il s’agit, avait certainement d’autres choses plus importantes à faire qu’à passer un long moment devant son ordinateur à envoyer un message à un tireur du siècle dernier dont les « faits de gloire » tiennent sur un timbre-poste, et encore… Ensuite parce que le contenu de son message colle tellement à ma pomme, que comme lui a dit ma sœur : «  On dirait que vous le connaissez depuis des lustres tellement vous l’avez cerné ! » Alain expliquait alors que nous partagions les mêmes amis, cités plus haut, et que ceux-ci avaient pu lui décrire mon personnage, et comme nous sommes de vrais amis, il n’y avait pas de place pour les vacheries ou les mensonges (que du bonheur, merci les gars). Enfin (ou presque) parce qu’en une conversation téléphonique, nous avions décidé de nous retrouver au Sologne Shooting Club, où il attendait une livraison de ses petits merveilles destinées à de nouveaux clients séduits par la qualité des Perrazi. Il tenait en premier lieu à me demander si une « légende » qui courait à mon sujet était bien réelle ou fantasmée : « Est-ce que c’est vrai cette histoire de pari dont un Perazzi SC3 fut l’enjeu ? Cette histoire était narrée par les anciens au coin du feu à la veillée, (ndlr.là, c’est moi qui me la raconte) et on peut y entendre tellement de conneries qu’on peut douter de tout, alors dis-moi la vérité, Jacques (oui, nous nous sommes très vite tutoyés, parlant le même langage) . Alors j’ai avoué, sans besoin de torture, comment j’avais fait un pari fou avec Gilbert Albrand, ami et représentant Perrazi à cette époque. Celui-ci m’avait mis un défi en mains lors d’un entraînement à Saint-Pierre ; « Si tu rentres au Club France, cette année 1992, dans les deux disciplines, parcours de chasse et fosse universelle, je te fais faire un Perazzi SC3 sur mesure, avec les gravures et les bois de ton choix, directement à l’usine, au prix d’un MX8  normal! » Il savait , bien sûr que je n’y arriverais jamais, et il aurait pu avoir raison, sauf que cette année 92,celle de mes 40 ans (je suis né le 1er janvier 1952) , j’avais le fusil enchanté, certainement grâce à un stage de PNL, programmation neuro-linguistique qui avait fait surgir des choses profondément enfouies en moi, me libérant de pensées destructrices et néfastes que chacun d’entre nous peut craindre et qui nous bouffe la vie et les ambitions. Et puis, cette année 1992 me servirait,  plus tard, à supporter les années horribles que j’allais devoir traverser… 

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Après avoir pris la 5e place à la première sélection de PC à Bergerac (en tête le premier soir, les « copains parisiens » me conseillèrent de mettre un pantalon marron le dimanche, je ne me suis pas « ébouillé » , perdant seulement 4 places, ça m’allait très bien. 8 ou 15 jours plus tard je ne sais plus, je terminai à la première place de la sélection FU de Gonesse chez mon pote Michel Logghe, ex-aequo avec André Petit Roche (192/200). On ne se lâchait pas, tous les deux, nous avions fait le même score à Lonato au Championnat du Monde où j’étais allé à mes frais, victime d’un tour de passe-passe (déjà) après une pré-sélection à Lezoux. Les 200 plateaux de Gonesse avaient été clairement annoncés comme ouvrant la porte au championnat d’Europe FU de Villamoura, et cette fois-ci, les « chefs » furent obligés de me payer le voyage, l’un de mes deux déplacements à l’étranger « aux frais de la princesse », j’avais suffisamment « cotisé » pour y avoir droit, non ? Bon, sur place, les accompagnateurs, aussi peinés qu’hypocrites, m’éjectèrent de l’équipe nationale au profit d’une « Valeur sûre » JB Allard, doutant de mon efficacité à la FU et/ou au PC. Triste et fou de rage de ce second coup de couteau la même année, j’attaquais par un 25/25, avant de disparaître dans l’anonymat général (ou presque) français . Qui sait ce que j’aurais fait si on m’avait soutenu, comme les autres, sportivement et médicalement (il faisait très chaud…)  et fait confiance ? Quoi qu’il en soit, l’EDF n’est pas montée sur le podium, bien loin des meilleurs italiens, entre autres….. 

Mais revenons-en à nos moutons, en l’occurrence à Alain qui me fit à la fois la surprise et l’honneur de m’inviter à venir tirer avec lui sur les parcours qu’il connaît comme le fond de ses mallettes à fusil Perazzi (je n’ai pas osé lui en piquer une, pleine bien sûr, de peur de perdre immédiatement le « bénéfice » et le plaisir de notre amitié naissante ). Et j’ai pris un sacré pied à suivre son bras gauche en or transformer les plateaux en fumée noire, si seulement un peu de son talent pouvait changer de crèmerie et venir chez moi ! Il faut partager dans la vie, quand on a trop de qualités, à quoi bon tout garder pour soi ? C’est pas le temps qu’il faut pour tirer 150 plateaux, dont certains absolument immangeables , tellement difficiles que j’ai failli, à plusieurs reprises, demander de passer au plateau suivant de peur de rester 3 mètres derrière avec mes 68 hivers. Il tire sacrément bien, la vache, il le sait et ne se cache pas derrière son petit doigt en faisant sa chochotte, comme si c’était miraculeux, non, il est bon, c’est tout, c’est pas de sa faute s’il est doué…. De toute façon il ne s’en excusera jamais, le bougre ! Les champions ont une part d’eux différente du commun des mortels, enfin, des tireurs, ils ne doutent pas , leur ambition est toujours d’aller chercher quelque chose où on ne les attend pas. C’est le cas d’Alain qui m’a avoué son envie secrète pour les prochaines années, un sacré défi, que je ne révélerai à personne, trop fier qu’il me fasse suffisamment confiance pour garder ce secret.

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Quant au stand de Sologne Shooting Club, que dire, si ce n’est qu’il s ’agit pour nous de  l’incroyable découverte d’un magnifique stand de tir, dont je ne découvris pourtant qu’une toute petite partie, malgré le confort et la fatigue superflue évitée par l’emploi de la voiturette électrique, comme j’en ai vu des centaines sur les parcours de golf thaïlandais, à Pattaya. Elles sont pilotées par de ravissantes petites cadettes thaï qui sont toutes sur le même moule aussi souriantes que jolies ;

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 ici,  le pilote , pendant la séance de tir n’a pas dégagé sur moi le même charme, Alain Gendreau se montrant beaucoup moins gracieux et son côté féminin se révélant bien moins évident.

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Je ne sais pas si ma frangine fut sensible à sa présence, mais c’est bien possible, les femmes, vous savez, elles gardent tout bien secret. C’est la jolie et efficace Pascale qui nous reçut fort gentiment dans son stand, ce qui devait en remettre une nouvelle couche sur notre sensation d’accueil familial plus que commercial, même s’il faut bien bouffer, comme on dit. De toute façon, dans ce type de stands d’une telle qualité qui offre tant de possibilités, comme c’est le cas chez nous, à Sore (tiens, là aussi, c’est une adorable hôtesse, Myriam, qui nous reçoit, ce doit être un hasard), il est normal de payer les plateaux  un peu plus cher, les investissements réalisés le justifiant pleinement. Bien sûr, on peut s’en passer de venir jusqu’ici, mais pourquoi et comment un fou de ball-trap pourrait-il se priver de ce pur bonheur ? 

Pendant notre assez longue période de tir en « tête à tête », Alain n’a jamais fait la moindre réflexion sur mon fusil (Beretta, certainement la solidarité italienne), ni n’a essayé de me convaincre de passer « chez l’ennemi » (son Perazzi). Il sait bien que j’ai tiré pendant mes petites années de mini champion (du village, et encore) avec plusieurs Perazzis, avec quelle douleur j’ai dû m’en séparer, le mec a du tact. Non, nous étions juste deux copains, tirant des plateaux de toute beauté et de toutes difficultés possibles…. ou même franchement….débiles pour le (re) débutant que je suis. Ma sœur immortalisait ce grand moment, découvrant le PC et le ball-trap, avec son frère adoré et un guide tout à fait efficace et charmant. Que du bonheur, quoi ! 

Voila, ça sera tout pour ce vendredi, je vais certainement me réveiller à nouveau de très bonne heure demain matin, et alors, j’attaquerai la partie 2 de mon article. Dac ?

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