( 28 juin, 2020 )

Souffrance (pas si terrible) et plaisir sur le superbe stand de ball-trap de Sore

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Je n’ai pas eu le choix, l’amitié et le plaisir de se retrouver passent avant tout !

Je n’ai rien pu faire devant la ténacité, le volonté, et la force de persuasion de mon pote Philippe Dupin et de son fils Jonathan. Il faut dire que la naissance de notre amitié remonte au siècle dernier et que les vicissitudes de la vie nous ont fait nous éloigner, nous rapprocher, nous retrouver en 2003, avant une nouvelle longue absence, une belle soirée partagée, puis à nouveau le silence jusqu’à ce samedi 27 juin. « Nous avons appris que tu revenais au ball-trap, quel bonheur ! Tu viens avec nous, on t’emmène à Sore, dans les Landes pour passer la journée avec toi et retrouver le plaisir de tirer avec toi ! » A Philippe, patron retraité de Tetra SAS qui, petit à petit confie les rênes de sa grosse boîte (de peinture, ha, ha) à son digne rejeton Jonathan, directeur général à 34 ans qui va affûter ses armes avant, certainement, d’en prendre la direction dans une petite dizaine d’années, il n’est pas simple de refuser quoi que ce soit (ce qui est largement confirmé par son entourage proche). 

Je ne suis pas débile (enfin je crois), et avec Jonathan qui est devenu un des tout meilleurs tireurs de sa génération après avoir brillé en juniors, et un Philippe qui possède une sacré swing de gaucher, je ne me voyais pas capable de souffrir comme jamais sur un pas de tir.  Philippe ne s’est jamais vraiment investi à fond dans une des discipline du ball-trap, ce qui est bien dommage, mais il n’a jamais été homme à se contenter d’un seul passe-temps pour se dégager les bronches et se vider la tête après sa semaine de décisions à prendre, de clients à rencontrer et de km à bouffer.  J’ai tenté de m’esquiver, arguant du fait que j’allais me transformer en véritable boulet à traîner au cours de la journée, que je préférais attendre quelques semaines, quelques mois, espérant, rêvant de retrouver un niveau acceptable, ce qui me semble bien compliqué, 15 jours pile-poil après avoir repris du service. J’ai expliqué aux Dupin, qui s’y sont mis à deux depuis leur bureau pour me convaincre que je ne voyais plus le tir de la même façon qu’avant, que je voulais m’amuser (pas pleurer….), que je n’étais plus le même homme après ces 20 ou 25 ans de galères, que j’avais changé. 

« T’as changé, tu veux dire que tu es moins con ?  » ont-ils demandé presque en même temps

Et oui, on ne respecte plus les vieux ! « Alors, si t’es moins con, je serai devant ta porte à 8 h 25 samedi matin et nous irons passer la journée à Sore où nous sommes licenciés » (on tousse dans son coude pendant cette épidémie, mais on ne se mouche pas avec le coude chez mes amis Dupin (du vin, et du… vous connaissez la suite, je ne cite pas de marques). J’essayai encore de lancer quelques arguments plus ou moins convaincants avant de me rendre, les armes bientôt à la main. Voila, il est 6 h 29 du matin, je suis levé comme dab depuis 5 heures (les restes de ma vie d’avant) , j’ai préparé mon bordel hier soir, comme dab, je n’aime pas faire les choses dans l’urgence, c’est toujours dans ces cas là qu’il nous arrive des impondérables, des merdes, quoi,  je vais faire mes 4 bornes sur mon marcheur en 1 heure, bien transpirer, prendre une bonne douche et attendre mon Philou, c’est comme ça que doit l’appeler sa moitié. Je vais monter dans son char, comme dit mon cousin québécois Marcel Legros qui me manque depuis la Thaïlande et Pattaya, et nous partons retrouver le fils prodigue dans les bois de Sore. 

J’ai donc tapé cette première partie de ma journée avant de partir, et j’aurai certainement des choses à raconter à mon retour, quand j’aurai séché mes larmes de douleur…. Mais c’est une autre histoire. J’ai quand-même réservé une petite surprise à mes amis, et là, je suis un peu plus sûr de moi…..

Voila, il est 5 h du mat ce dimanche, les coups de fusil ne résonnent pas dans ma tête , ce qui prouve que l’ami Pierrot (Bastien pour les intimes) à bien réglé mon Beretta: par contre la séance de rattrapage de 15 ans d’absence en 90 minutes a un peu mis le souk dans le disque mou de ma mémoire. J’ai conduit la belle bagnole hybride de mon pote, il en a marre de bouffer des km, et j’aime conduire, il ne s’est pas accroché de toutes ses forces « aux branches  » de l’habitacle, il se sentait bien, et en confiance certainement. 

Et il m’a tout (enfin, presque) raconté sur ces dernières années (il en a gardé pour une prochaine fois, et de toute façon, pas besoin de mettre de pièce pour en savoir plus, il est tellement passionné que ça fait presque peur.) Mon cœur a parfois connu des ratés ou des accélérations soudaines lorsque qu’il évoqua la perte d’être chers, sa maman, son papa Serge, sa sœur Béatrice que j’aimais tous beaucoup; j’ai plusieurs fois failli lui faire le coup du pipi soudainement incontrôlable, pour me laisser le temps de m’éloigner un peu et essuyer mes yeux embués. Je n’ai pas voulu faire ma chochotte, ce ne fut pas facile, car même si je ne suis pas souvent ému, là, ce n’est pas pareil. Je garde une belle histoire de famille pour un prochain article que j’écrirai certainement dans la journée, dès que j’aurais obtenu les précisions que j’ai demandées à Philippe à 5 h 30, espérant qu’il se lèverait pour pisser… Il m’a raconté l’histoire du morceau de poumon encalminé qui dut subir les derniers outrages, les soucis de tous ordres qui en furent certainement et en partie la cause, puis le retour « à la vie », au sport, en oubliant ses malheurs et continuer de montrer le bel exemple à ses fils. Il m’a raconté, (je ne cherche pas à trahir sa confiance, au contraire) comment un séjour avec son fils Mathieu leur a permis de se (re) trouver, le bonheur qu’ils ont connu tous les deux en terminant le marathon de New York, en pleurs, dans les bras l’un de l’autre. Une histoire d’homme, de père et de fils comme on en rêve tous, souvent, hélas, trop tard. 

Sore, c’est que du plaisir et du bonheur 

A l’heure où un tas de stands de ball-trap ont mis la clé sous la porte afin de satisfaire les écolos et les empêcheurs de tirer en rond dans toute la France, le stand de Sore dans les Landes est heureusement sorti de terre, du sable plutôt, au milieu des pins très loin de la première habitation et du premier casse-c……, venu. C’est le Paradis du Compak Sporting avec il me semble ses dix lignes où les lanceurs se comptent par dizaines. Afin de rester fidèle à une étrange réputation que l’on m’accorde, comme semblait le dire mon ami Philippe, et Pascal Ivres avec lequel je suis venu la première fois, j’ai d’abord été particulièrement interpellé par le magnifique sourire de Myriam, qui doit s’occuper de presque tout, sauf des machines; accueil, bar, intendance, vente de cartes, remise de zapette (une trouvaille formidable qui permet de s’envoyer les plateaux dans l’ordre  qu’on désire), cuisine, vaisselle, et la pauvre a encore mangé froid à midi, privilégiant le service des ses amis clients et clientes. 

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Quel pied on prend à tirer tous ces plateaux et ces différentes trajectoires

Je ne sais pas si je referai de la compétition un jour, pour le moment, après plus de 15 ans d’arrêt, et 15 jours de reprise, je m’efforce d’enlever les petites roues de mon vélo pour ne pas tomber. Une bonne dose d’inconscience m’a poussé à venir partager cette journée avec les Dupin, deux tireurs fous. Le moins que je puisse avouer, c’est que pendant ma longue retraite, ils n’ont pas chômé, les copains.  Passons sur les merveilleux fusils mis au point par l’ami Bastien Pierrot, car ce n’est tout de les posséder, encore faut-il savoir s’en servir, et croyez-moi, c’est le cas pour eux . Philippe, un peu trop dilettante à mon goût en matière de ball-trap pour exprimer pleinement son talent et ses dons, a toujours cette adresse et ce swing de gaucher qui semble plus adroit que nous les pauvres droitiers. Avec Jonathan on entre dans une autre dimension, lui qui est tombé tout petit dans la marmite grâce et son papy Serge qui lui a longtemps servi de guide et de chauffeur. Je connais ce garçon depuis longtemps, j’ai toujours essayé de le conseiller, je suis même plutôt fier d’avoir forcé le père et le fils, en fin de journée, à modifier de quelques centimètres l’écartement de leurs pieds et la direction de leur orteils durant une planche de FU. Je leur ai demandé de tirer une planche complète sérieusement, en suivant mon humble conseil, je n’ai jamais pu croiser leur regard lors des changements de poste, gardant les yeux sur leurs pompes, mais ça a donné ça: Jonatahn a manqué » l’avant dernier, et Philippe, le dernier…. CQFD, comme disait mon prod de maths !

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Je crois que je leur ai un peu « mis les boules », avec ce conseil qui semble efficace, ha, ha. Je leur devais bien ça après la journée qu’ils m’ont fait passer , en tout cas, le message est passé. 

Les surprises de chemin du retour

On ne change pas une équipe qui gagne, aussi Philippe m’a-t-il à nouveau confié le volant durant le retour. les discussions du matin ont repris, de plus en plus personnelles et libérées. Quelque chose va me prouver que chez les Dupin l’amour filial et l’amitié ne sont pas de vains mots. L’écran s’allume, le téléphone sonne, c’est Mathieu, le grand fils qui vient aux nouvelles : « salut, p’pa, comment s’est passée votre journée, tu devais être heureux de retrouver ton ami jacques », et blablabla, et blablabla, je respecte le secret de la « confession » en ne racontant pas ce qu’un père aimant et un fils peuvent se raconter, sauf la fin : « Ah, au fait, papa, demain dimanche, on vient tous déjeuner chez toi et Vincente, alors va faire les courses ! (il est quand-même 19 h 30, il ne doit pas souvent faire les courses, Mathieu. » Oh c’est super, fils, quel plaisir, ok, et à demain » répond le pater, les yeux pleins de bonheur.

10 minutes passent, nouvel appel, mais cette fois; c’est le nom de Bastien Pierrot qui s’affiche; l’armurier attitré des Dupin et de la grande championne Stéphanie Neau vient aux nouvelles, sachant que Jonathan devait tirer avec son deuxième fusil réglé en principe comme l’autre. Comme il suit de près la carrière de ses trois clients amis leurs avis comptent énormément pour lui dans sa recherche de la perfection ressentie et des résultats qui en découleront. « Jonathan a besoin d’écraser davantage sa joue sur la crosse pour retrouver exactement les mêmes sensations, il s’en faut de quelques millimètres ». « Ok, Philippe, passe dans la semaine, qu’on s’occupe de ça, et n’oublie pas que tu m’as promis un déjeuner au resto ! » ‘Je ne pense qu’à ça, Bastien, il me tarde ». Voila, que dire de plus, si ce n’est que c’est formidable qu’un armurier ne se contente pas de vendre des fusils et des cartouches. Philippe lui avait dit que nous devions passer la journée ensemble, et comme c’est lui qui m’a vendu mon (modeste)  Beretta, il a évidemment demandé comment s’était déroulée ma journée de tir. Après m’avoir assuré que je pouvais difficilement trouver des meilleurs accompagnants sur tous les points, il se montra ravi et plutôt rassuré d’apprendre que pour la première fois depuis deux semaines, j’avais cassé (et bien cassé) beaucoup plus de plateaux que j’en avais manqués.

Ça commence à rentrer, le métier, c’est génial. Dans mon prochain article je vous raconterai une merveilleuse histoire de papa. 

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Avoirrrr un bon copain, c’est ce qu’il y a d’meilleurrr au monde, chantait l’autre…

 

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