( 25 juin, 2020 )

Tous les chemins mènent vers un stand de ball-trap

 

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Oui, le ball-trap est aussi une affaire de femmes, et Marine (la nôtre) est bonne conseillère . Guillaume Tell, oups, Gay, veille au grain et aux inscriptions

Quelques vérités et constatations d’ordre général sur les tout-débuts du grand frisson

Tout commence, en général, lorsque le papa emmène son fils ou sa fille à la chasse, ou, encore plus efficace, quand celui-ci initie ses enfants au ball-trap. Comme il est facile de le constater, c’est le cas dans toutes les activités sportives, plus on commence jeune, plus on a de chance de devenir un tout bon, à condition de ne pas oublier le « travail » et l’entraînement, le don seul ne suffit pas pour durer. Quand on prend en main une carabine à plomb ou un fusil léger dans le jardin du papa ou du papy (n’est-ce pas, Jonathan Dupin ?) pour tirer ce qu’on trouve, le cerveau enregistre et transforme l’acquis de l’enfance en inné du présent et du futur, ou lycée de Versailles, comme disait l’autre. A condition que le pater, au fur et à mesure de l’évolution de sa progéniture, lui laisse un peu d’air, ne devienne pas une espèce de tyran pour la voir réussir ce qu’il a manqué dans sa vie de tireur, tout sera envisageable.

A un certain moment, et ça de nombreux parents ne le comprennent pas et il est possible d’en voir les effets néfastes dans un sport comme le tennis (où un médecin peut quitter sa carrière pour « entraîner » sa fille sans savoir tenir une raquette, oui, oui, ça existe), il faut savoir s’entourer de vrais initiateurs confirmés. Ceux-ci sauront rectifier ce qui peut et doit l’être, sans toucher aux qualités naturelles de l’élève et en sachant respecter son évolution physique, mentale… et parfois amoureuse à l’adolescence. 

Quand on commence par la chasse à un âge déjà un peu avancé (trop ?) qui ouvre la voie vers l’obtention du permis, l’envie de tirer davantage prend rapidement le dessus sur le tir de cocottes lâchées la veille, et l’armurier de la famille aura tous les arguments pour inciter le jeune, ou le vieux à se lancer: « venez tirer des plateaux, ça ne peut que vous aider à progresser, il n’y a pas de saison au ball-trap, ou à peine, le fusil que tu as hérité de ton grand-père ne te va pas du tout, accroche-le au mur du salon en souvenir de lui, cette arme n’est pas destinée à tirer beaucoup, elle te blesse la joue et l’épaule, ton papy mesurait 1.85, tu m’étonnes que la crosse soit trop longue pour ton avec tes 1m.70! »  Tout ça est bien réel, ce n’est pas du blabla de vendeur.

Ok, je me lance mais par quoi dois-je commencer ?

Un des chemins les plus courants est le tir « à la botte de paille ». Souvent organisés (et souvent très sérieusement) par des associations sportives ou des sociétés de chasse pour mettre un peu de beurre dans la caisse dans les épinards du club, ces concours constituent un excellent moyen de se familiariser avec la discipline, le respect de la sécurité, la possibilité de tirer des séries de 10, 15 ou 25 plateaux en fonction du lot à remporter, et de la capacité de chacun. Au tout début, rien n’est simple, bien qu’il n’y ait qu’un seul lanceur, un robot lanceur de plateaux aux trajectoires aléatoires, que l’on appelle en étant épaulé pour gagner du temps;  et il peut y avoir un vrai découragement si le résultat s’avère catastrophique, on entend alors « c’est un jeu à la con, ça va trop vite, je comprends rien, etc ». Le divorce est immédiat, « je retourne à la pêche », c’est moins cher. Oui, mais pour un certain nombre de mecs qui aiment, comme moi, sortir de leur zone de confort (expression très à la mode en 2020), le virus est entré, par on se sait par quelle porte, mais il est là, et pour un moment…. J’en sais quelque chose !

Après la baluche, l’arrivée au stand de ball-trap des « grands »

Après le tir de quelques dizaines de planches avec plus ou moins de réussite, il est temps, souvent sur les conseils des organisateurs, d’aller voir chez les grands ce qu’il s’y passe, et ceux-ci connaissent à coup sûr l’adresse d’un stand tout proche, d’un bon armurier, qui devrait leur permettre « d’amortir » l’achat de la licence de la FFBT, qui est, je le rappelle, obligatoire pour « tous » les concours de ball-trap ». Donc, généralement, on attaque par la fosse universelle, avec 5 appareils enterrés sous une dalle: on va devoir tirer 25 plateaux sur 5 postes en changeant de poste à chaque fois, on va tirer les 5 trajectoires à chacun des postes, sans jamais savoir laquelle, c’est pas facile, c’est long et on peut devenir fou (je peux en parler sans crainte, mon retour sur les stands après 15 ou 20 ans de sommeil et de galères s’avérant très douloureux et démoralisant; il paraît que le tir, c’est comme le vélo, ça ne s’oublie pas, mon œil !). Par contre c’est la première occasion de savoir si son fusil est bien en conformité avec son physique, s’il n’est pas un ennemi plutôt qu’un simple outil destiné à broyer du plateau. 

La FU ou fosse universelle grâce à une « technique de base » vitale, apporte rigueur et régularité

En venant du ballot de paille il faut parfois avoir le courage d’écouter « ceux qui savent », quitte à tout changer et à oublier le plus vite possible les mauvaises habitudes, un mauvais épaulement, une mauvaise position des pieds (oui, on tire tout d’abord avec ses pieds…).

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A mesure de l’évolution personnelle on comprend, parfois longtemps après ses débuts, que le but ultime du grand tireur de ball-trap n’est pas de casser et broyer des plateaux, mais… de ne pas en manquer, ou un minimum. C’est là que se situe la différence entre un bon tireur local, qui gagne une entrecôte lors du ball-trap du CTD, le Cercle de Tir Dyonisien, mon club de la région Aquitaine, et un Grand Tireur national ou international (j’en connais plein, ce sont de vraies bêtes de tir). Les résultats du dimanche à la baluche prennent vite un autre tournure, le tir de 25 plateaux se révélant souvent indigestes, et alors là, un choix s’impose : « J’arrête ou j’insiste » ? »

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Mes copains du CTD Jean-Claude Lafaye et Maurice Tillard ne m’ont pas attendu pendant ma si longue absence, les vaches….

Pour le moment c’est la première option que je vais prendre avant de poster un nouvel article qui me permettra, outre le fait de vous faire partager ma petite expérience, de tout reprendre au début pour essayer de me souvenir de ma vie de tireur, heureusement pas la seule, je n’aurais rien eu à bouffer….

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