( 23 juin, 2020 )

Ball-Trap: L’éternelle question du choix de la discipline et de son arme

 

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Il est (en principe) plus facile pour un chasseur de s’offrir ou se faire offrir un fusil pour « nourrir » sa petite famille en gibier sauvage (…) que de choisir le « bon fusil » pour pratiquer le ball-trap. Il y a tellement de choix selon son prix (le premier problème), la marque, les conseils des copains, les visites sur le Net, la pub des fabricants et des armuriers, les salons chasse-pêche, sans oublier la mode avec l’incontournable :« C’est ça qu’il te faut, c’est le meilleur ! » Comme pour choisir une femme, ou un homme, tout est question de réflexion, de goût et je dirais même, sans chercher à choquer… de moyens. Qui pourrait espérer partager la vie d’une star de cinéma ou rouler en Porsche en gagnant un peu plus de 1000 balles par mois ? Personne, bien sûr. C’est pourtant, depuis des décennies, la question que ne se posent pas un grand nombre de tireurs, prêts à laisser un morceau de leur chemise, et une bonne part des revenus du ménage pour leur passion.

C’est pas l’homme qui prend la mer, comme c’est pas le fusil qui fait le tireur

L’éternelle question « Pourquoi pas moi ? «  fait partie de toutes les récriminations de chacun d’entre nous, et c’est particulièrement vrai pour le choix des armes. Un fusil, s’il représente un achat important, bien plus qu’un frigo, qu’un nouveau canapé pour la maison, ou qu’une télé HD, n’a pas la même influence sur la vie courante que l’achat d’une voiture, d’un appartement ou une nouvelle bagnole  (surtout électrique, une vraie folie). Un fusil fait partie de ces achats importants, mais pas vitaux, dans le sens où il n’est qu’un simple outil permettant une activité spécifique, ni plus, ni moins. Ce n’est pas une oeuvre d’art, sauf pour les tireurs très aisés qui peuvent se faire faire une arme sur mesure, en choisissant ses bois, son canon, sa crosse. Et à ce sujet, j’ai un avis, c’est qu’avec un fusil très cher et les cartouches les plus chères du marché, les bulles sont encore plus douloureuses et sources de moquerie. Avec mon expérience d’un passé pas si lointain, il faut l’assurer, son arme de quasi-collection sur le pas de tir ! Autant tout le monde se fout que vous fassiez des bulles avec un semi-automatique à part le fait qu’on emmerde tout le monde en éjectant les douilles n’importe où, autant les « copains » vont se régaler de vous voir manquer des plateaux avec un fusil aux gravures d’argent ou d’or, et au bois de tableau de bord d’une Rolls-Royce.

Les « vraies » questions à se poser et les réponses à y apporter

Pour moi, c’est assez simple, au moins dans la chronologie de la pratique du tir sportif avec une arme de catégorie C : « arme d’épaule avec un coup par canon ».

1/ Il faut savoir plusieurs choses avant de se lancer et de faire un choix: en premier lieu, observer discrètement, sans poser trop de questions, car alors c’est parti pour 10 minutes du bla-bla je’m la pète, ce que les tireurs utilisent.

2/ Aller voir un armurier, un vrai, pour voir et éventuellement prendre en main un des fusils de la marque presque choisie, ce premier contact est très important, car il faut déjà savoir que ce premier fusil ne sera sûrement pas le dernier, comme jadis on gardait toute sa vie le vieux juxtaposé du papy, comme un trésor. Il ne s’agit pas ici « d’obsolescence programmée » (quoique…) mais de changement d’humeur dans les années ou les mois qui suivront cet achat. Un point primordial, selon moi, est d’éviter de se lancer tout de suite dans l’achat d’un fusil neuf pour le tester et se tester. Par définition, un fusil neuf est … neuf, et dès qu’il aura tiré une cartouche, il ne le sera plus, off course ! Donc pas question de l’essayer, ce qui s’avère possible avec une occase si l’armurier vous le propose, ce que je recommande fortement.

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Mon père disait toujours qu’il ne faut pas dépenser plus d’argent qu’on en gagne, je l’ai écouté. C’est un Beretta Sporting 692 d’occase (bonne occase)

 

3/ Passons sur la mise en conformité, condition sine qua none pour une éventuelle réussite, et là, seul un bon armurier metteur au point fera le nécessaire mais indispensable. Un fusil, ne n’est pas une canne à pêche qu’il suffit de choisir dans la rayon « pêche à la carpe ou au carnassier ».

4/ Quelle discipline vais-je choisi, la fosse, le parcours de chasse, le DTL, le Compak Sporting, est-ce que je veux chasser avec mon fusil de trap ? Voila les emmerdements qui commencent car si vous écoutez radio-Stand les « grands tireurs du dimanche » vont vous certifier qu’un bon fusil va vous permettre de tirer à tout et partout, c’est faux ! Bien sûr, comme une voiture qui doit pouvoir rouler aussi bien sur la route sèche, que sur la neige (…), lentement, vite, en plaine, en montagne, sur autoroute ou sur départementale avec du vent ou sous la pluie, il est possible de tirer à tout avec son arme. Mais pour ce qui est de la qualité du tir et de la recherche de la performance (qui prend du temps) ce n’est que le bon (pour ne pas dire excellent) tireur qui saura s’en sortir honorablement, ou mieux, dans plusieurs disciplines avec un seul fusil (souvent pour s’amuser donc sans risque d’échec). Deux disciplines seulement peuvent être envisagées avec la même armes aux mêmes réglages, le PC et le CS, ce qui inclue également la chasse si on a choisi une arme maniable et pas trop pénible à trimbaler dans les sous-bois. 

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A la fosse on a presque le temps de se recoiffer (non, j’déconne) 

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Pascal et Manu Ivres se tirent la bourre (…) au stand de Sore dans les Landes

Au Compak Sporting, il faut savoir « tout » bien faire

5/ Est-il possible de réussir le périlleux voyage fosse-parcours ou parcours (chasse)-fosse ? Je dirais sans hésitation qu’un spécialiste de la fosse universelle aura beaucoup de mal à « bien » tirer au PC ou au CS, d’autant plus que, le plus souvent,  l’initiation s’est faite à la botte de paille. A la fosse, le tireur doit atteindre un niveau de machine à casser qui oublie tout, qui ne se laisse pas perturber par une mouche qui pète ou un « copain » qui tousse… Dans les autres disciplines, même si on a, apparemment, l’avantage de connaître plus ou moins la trajectoire du plateau, les décisions à prendre avant de lâcher son coup de fusil, pendant et même après, sont bien plus nombreuses et techniques. Les chasseurs sont en général beaucoup plus efficaces pour un tir instinctif sur un gibier qui les surprend que pour le tir de beaux oiseaux en battue qui nécessite un long apprentissage et une bonne technique. Mais surtout, celui qui se pense, à tort ou à raison, excellent tireur de fosse ne s’aventure pas à faire de la compète au PC, ce qui l’éloignerait bien trop de sa zone de confort.

J’ai justement ce qui a pu me poser des problèmes dans le passé, car on ne peut pas être bon partout quand on est un bon petit tireur au niveau régional. Mais ceci est une autre histoire que j’aborderai dans un prochain article, j’ai une crampe aux doigts….. salut les amis tireurs. 

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