( 22 mai, 2019 )

Viva España et son réseau routier incomparable pratiquement gratuit partout

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Mais comment les Espagnols ont-ils fait pour transformer un réseau routier pourri, pendant la dictature de Franco, en un véritable billard et quelques dizaines d’années. D’une année sur l’autre, de nouvelles autoroutes apparaissent, les travaux ne s’arrêtent jamais, même le dimanche, la seule précaution à prendre pendant des centaines de kilomètres est de faire attention aux milliers de camions qui circulent, en file indienne. Il faut dire qu’excepté vers Madrid et donc plutôt au nord ou vers Barcelone, les autoroutes sont gratuites ! Oui, oui, gratuites. Par exemple vers l’Extremadure, Badajoz et Caceres entre autres , on route des heures sans sortir la carte bleue, quel bonheur. Traverser ces immensités de paysages dignes du Far West sans qu’on nous oblige à raquer les travaux, c’est quand-même du domaine du rêve.

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On peut se demander si en France tout n’est pas fait pour décourager les touristes de voyager en voiture ou alors de dégoûter tout le monde en suçant leur portefeuille: péages (privés) honteux pour ceux qui bossent, tarifs prohibitifs du carburant (1.30 € le GO en Espagne...), prix des restaurants d’autoroutes, des produits dans les stations 2 fois plus chers qu’en grande surface parfois. Sans oublier que les stations sont très éloignées chez nous, comme si on imposait un certain nombre de kilomètres entre chacune pour gagner du fric sans risque. En Espagne, il y en a partout des stations, du même groupe, des concurrentes, chacun fixe son prix, et les restaurants sont excellents, et pas chers (parfois, le menu du jour est à 13€, avec la boisson…). Le rêve quoi.

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Puis, si on continue un peu sa route, on arrive au Portugal (moi, à Elvas), et tout change, la largeur des routes diminue de 10 mètres, on peut plus se croiser sans serrer les fesses sur les départementales, on sent que ce pays ne joue pas dans la même cour . Entre le profit à tout prix en France, la tristesse (non, non, pas la misère mais pas le bonheur non plus) du Portugal, l’Espagne malgré la crise de 2008 qui a causé des dizaines de suicides, ainsi que me l’expliquait un restaurateur, devient de plus en plus passionnante à visiter sans se ruiner. D’autant plus que les paradors, les monuments, les églises, entre autres ne demandent qu’à nous faire rêver en ouvrant grand leur porte. Et sans parler foot, ni toros !

( 18 mai, 2019 )

A la recherche du Jamon Bellota 100 % Ibérico

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J’ai passé une grande partie de ma vie entouré de cochons… et de cochonnes. Lorsque je dirigeais l’entreprise créée par mon père Maurice et mon oncle Robert qui avaient fait preuve d’une belle ambition en faisant naître Jacquel en 1955 (Jacques+Hélène) après une mise à l’étrier du grand-père Marc Ferchaud, nous ne voyions passer que des cochons blancs. J’en ai fait le tour (un tour de cochon, ha, ha) et je me passionne pour les cochons noirs, les fameux pata negra, et pour ne pas mourir idiot (…) j’ai eu envie de partir sur ses terres et les dehesas d’Extremadure entre Caceres et Badajoz afin de discuter le bout de gras. 

Et bien vous allez rire, je n’ai pas vu un seul cochon sous les chênes en train de bouffer les fameux glands, les bellotas, d’où le nom de cette qualité de porcs qui en consomment presque toute leur vie ou seulement quelques mois. J’en ai pourtant fait des kilomètres au milieu de nulle part avec une voiture qui n’a rien d’un 4X4  mais qui a fait semblant… Il y longtemps, dans une autre vie, j’avais chassé dans le coin avec mes amis de la famille Demay, j’ai même effectué une espèce de pèlerinage à Oropesa, là où j’ai vécu des moments magiques; en particulier ce soir où avec mon copain Jean-Jacques Grouhel nous rangions nos fusils dans la voiture à 18 heures tapantes , heure de fermeture de la chasse quotidienne. 5 ou 10 minutes après nous nous sommes retrouvés au centre d’un véritable repaire de palombes, toutes celles qui nous avaient nargués au dessus des Pyrénées où au cours de la journée étaient là, comme par miracle. Des milliers, des centaines de milliers, des millions peut-être d’oiseaux bleus se posaient par vagues comme des étourneaux. Elles étaient nichées dans les arbres, se posaient pour bouffer des glands, recouvrant, après les arbres, la route entière. Nous sommes restés longtemps à contempler ce miracle que peu de chasseurs ni même de végétariens  avaient eu l’occasion  de voir, puis reprenant le volant et roulant tout doucement pour les laisser tranquilles, nous avons vécu un moment fabuleux, lorsque les palombes se levaient à  la lueur des phares de la bagnole pour se reposer juste derrière nous après notre passage. INCROYABLE mais vrai, seul Jean-Jacques peut en témoigner et après tout, tant mieux !

Je ne vais pas me lancer dans de grandes explications concernant les différentes qualités et caractéristiques du jambon ibérique, mais pour faire court, il existe 4 grands types de bellota : le bellota 100% ibérico, à l’étiquette noire, le top du top, le jambon bellota 50 % (moitié glands, moitié fourrage), à l’étiquette rouge, le bellota recebo et le bellota cebo, celui que l’on trouve le plus couramment dans les magasins et les assiettes de restaurants. Les étiquettes sont vertes et blanches. Je ne voulais pas me rendre dans une charcuterie ou une grande surface, sachant que je n’y trouverais pas mon Ibérico 100% bellota;  j’avais tout bon, le nom l’heure du rendez-vous, le patron m’attendait à l’adresse suivante: Poligono industrial Los Canos parc 222, Zafra, 06300 Badajoz.  Je quittais l’hôtel 2 heures avant, je n’avais pas peur d’attendre; le GPS de ma voiture faisait un peu la gueule en me laissant tourner comme une andouille (cochon un jour, cochon toujours).

Quand-même, au cas où,  je m’étais arrêté devant une fabrique de jambon  Eurojamon, où l’accueil glacial me donna envie de tout casser et où hélas, malgré la frime des bureaux et de la ridicule salle de vente, seul le cebo, le bas de gamme était en vedette. Au secours !

Me voici donc bien emmerdé, et je n’hésitais pas à stopper une voiture de mossos, la police du coin (il faut bien se faire plaisir de temps en temps, non) pour demander de l’aide. Ils sont été super cool, sauf que Zafra, c’est pas le nom d’un quartier de Badajoz, mais d’une ville située à 70 bornes sur la route de Séville, plus bas vers le sud. Je n’avais guère envie de descendre plus bas, nous avons essayé d’appeler la boîte au téléphone et n’ayant pas obtenu de réponse, je décidais de renoncer, d’autant plus que je n’avais désormais aucune chance d’être à l’heure pour le rendez-vous fixé à 11 h 30 pétantes. Dégoûté par cette succession d’actes manqués je repris la route vers Talavera de la Reina, en passant par Oropesa….

Heureusement, fidèle à mes amours, mon Pentax était sur le siège de ma voiturette et je me suis régalé, à l’aller, au retour et au cours de mes différentes étapes. Vous montez avec moi, je vous emmène en balade ? Vamos !

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Zamora, c’est ici que ma quête du Graal a débutée.

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Lundi, départ vers Caceres via Salamanca

C’est une des deux villes, avec Badajoz, capitales du Bellota en Extremadure.

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Un petit tour à Elvas, au Portugal , à 12 km de mon hôtel Las Bovedas où j’ai eu droit à un superbe lever du soleil

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Le retour vers la France via Oropesa et son parador magnifique sans oublier de merveilleux souvenirs.

 

 

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Quelques surprises et quelques émotions 

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La morale de cette histoire est que je suis rassuré (en partie) car si je n’ai pas trouvé le fameux Bellota 100 % Ibérico c’est qu’il est rare, ce qui justifie son prix: le plus cher peut coûter jusqu’à 2000 € soit autour de 300 € le kg chez un tout petit producteur. Ce qui rendra la dégustation…. un jour, encore plus savoureuse. Après tout est-ce qu’on trouve du Pétrus à l’épicerie du coin ? Non, bien sûr, et ici aussi, il faut avoir « la carte » ! En tout cas quel formidable réseau routier en Espagne, et avec les autoroutes gratuites !

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